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dimanche 23 mai 2021

La vie intérieure

 

La vie intérieure est unique pour chacun, même s’il est possible d’en déterminer des constantes universelles. Aussi, il est impossible d’établir une règle ou une loi précise de ce qui peut être vécu, et applicable à tout le monde. C’est à chacun d’arriver à déterminer pour lui-même ce que peut être la réalité des expériences intérieures, d’où elles viennent, et quelles sont leurs illusions. Et parmi celles-ci nous pouvons distinguer deux types d’expériences, celles de l’esprit, et celles de l’âme.

La conscience par exemple est capable de générer toutes sortes d’expériences d’une grande clarté perceptible, même si elles sont parfois de l’ordre du symbole. Les visions de la conscience n’ont tout de même pas l’impact transformateur que peut avoir une initiation de l’âme ou de la Lumière divine, bien que ces expériences puisse être unificatrices, ou révéler les mouvements profonds de la conscience. Il faut savoir reconnaître ce type d’expériences et les distinguer de celles de l’âme. Cela se passe dans les mouvements du soi. 

Tout le problème consiste à ouvrir des brèches dans la forteresse de notre conscience pour que celle-ci devienne malléable et qu’on puisse la transformer. Alors il arrive, notamment sous l’effet du travail intérieur, que la limite entre la conscience personnelle et la conscience collective s’atténue, voir disparaisse. Alors, on peut aussi vivre toutes sortes d’expériences en rapport à cette conscience collective.




Là où c’est intéressant, c’est lorsque l’âme et la Lumière divine ouvrent elles-mêmes des brèches dans tout cela et y introduisent la Lumière, nous révélant la nature réelle de soi et du monde. L’expérience devient alors initiatique et fait évoluer l’âme, modifie l’état énergétique et nous réaligne sur le vrai. 

Lorsque ces trois éléments ne sont pas présents, évolution de l’âme, modification de l’état énergétique, et réalignement, c’est que ce sont des expériences de l’esprit. Et cela même si elles sont lumineuses, touchent à la conscience ou sont de nature archétypales. Parfois les expériences de l’esprit sont aussi induites par la Lumière divine. Mais ne pouvant atteindre les profondeurs la Lumière se mélange avec toutes sortes de choses, rêves, symboles, désirs. Il faut alors savoir discriminer la part de ce qui vient de la Lumière et celle qui vient de soi ou d’ailleurs.

Et il y a aussi les expériences du monde astral, qu’il faut aussi apprendre à reconnaitre, qui peuvent être puissantes énergétiquement ou émotionnellement, mais non de nature absolue.

Le travail de la Lumière de Grâce, en ouvrant  la sensibilité sur toutes les dimensions, peut appeler toutes ces expériences indistinctement. Mais dans un stade de développement ultérieur tout se purifie et il ne reste que la Lumière divine et son travail de transfiguration.

Jean-Michel Jutge

samedi 9 septembre 2017

Esprit, Âme et conscience



Comprendre ce que peuvent être l’esprit, l’âme et la conscience dans leurs différences ne peut être qu’expérimental. Il faut voir, et non pas seulement comprendre. Habituellement et pour ce qui constitue la nature humaine, celui qui parle en nous, qui décide, qui pose les actes, qui pense, qui choisit etc, est ce qu’on appelle le « je », un produit de l’esprit, créé par l’esprit et auquel l’esprit s’identifie. Ce « je » c’est toute la conscience de soi, l’expérience, l’image. Il fonctionne à partir de l’ego, mais aussi à partir des sentiments, des désirs, des impressions, de ses conditionnements, ses projections, et aussi ses peurs, etc., la liste peut être longue. 

C’est tout un ensemble structurel avec lequel nous ne naissons pas, mais qui se construit par la suite et tout au long de la vie. Et ceci constitue ce à quoi nous nous identifions lorsque nous disons « moi ». Nous pouvons facilement nous rendre compte que ce moi est totalement arbitraire. Il s’est construit de manière circonstancielle. Il constitue l’illusion du soi. Ce qui s’identifie c’est toujours l’esprit. Libérez-vous de cela, vous redevenez l’humain que vous étiez à votre naissance, enfin, pas tout à fait, car vous avez gagné en lucidité et d’autres choses encore.

L’âme fait partie de l’humain. Le moi fait partie de la conscience, mais la partie de la conscience non intégrée, celle qui est restée infantile, qui fonctionne sur l’affect. On peut donc dire que le moi n’est que la partie de soi qui doit encore grandir et devenir adulte. Mais la plupart des individus sont restés de différentes manières bloqués sur cette partie. La proposition spirituelle consiste souvent à remettre en marche le processus d’intégration afin de devenir parfaitement adulte. Beaucoup s’arrêtent là, ce qui est déjà bien, et ça n’implique pas l’âme ni forcement le Divin. Cette démarche ne concerne que l’esprit et son contenu en tant que conscience.

L’âme est quelque chose de fragile, tant qu’elle n’a pas pris son envol, c'est-à-dire tant que nous ne sommes pas elle. Devenir elle, cela veut dire se fondre, s’unifier à l’âme en esprit et en conscience. Il n’y a qu’un pouvoir divin actif en soi qui peut permettre cela, ou un éveil de l’âme elle-même. Et l’esprit ne le peux que s’il a reconnu l’existence de l’âme et que le soi décide de s’y perdre. Dans tous les cas la liberté est dans l’esprit.

Jean-Michel Jutge

mardi 26 juillet 2016

Identification au soi


Si nous étions tous reliés par l’amour et par nos âmes, il n’y aurait plus de problème en ce monde, et chacun vivrait l’autre en lui-même. L’existence serait une joie immense pour tout le monde, on voit très bien qu’on en est loin.

Pour ce qui est de la conscience, elle porte effectivement tout ce que l’humanité a pu produire, du saint au criminel. Et lorsqu’on quitte l’identification au soi et qu’on plonge dans cette conscience, on peut tout y rencontrer, tout ce que le monde, l’humanité et l’histoire ont pu produire. 

Car il n’y a qu’une seule conscience pour toute l’humanité, pour la nature, pour la création, bien qu’elle forme toutes sortes d’égrégores auxquels nous pouvons nous rattacher et qui constituent aussi l’histoire du monde. Par exemple si je me dis français et que je suis patriote, je fais le choix de me rattacher à cet égrégore en particulier et de me laisser alimenter par lui avec toutes les consciences qu’il véhicule auxquelles j’adhère ou non dans ma liberté. 

Cela fonctionne de la même manière pour le criminel qui s’appuie sur une idéologie pour justifier son crime, et que celle-ci soit politique, religieuse, nationaliste ou autre il s’agit toujours d’une identification. Donc effectivement nous portons tout en potentiel, mais nous avons la liberté d’accepter ou de rejeter ce à quoi l’on peut s’identifier, donc de laisser rentrer ou non une conscience, une idéologie, une pensée, un système etc. auquel nous pouvons nous identifier. Ceci est la manière dont fonctionne l’identité et la conscience, car ce dont je parlais précédemment, l’amour et l’unité des âmes, est autre chose et fait partie de l’humain.  

S’ouvrir au monde, c’est s’ouvrir à l’humain, au réel, il ne s’agit pas alors d’adhérer ou de s’identifier à quoi que ce soit ou qui que ce soit. Malheureusement on confond trop souvent l’humain, et le fait que cet humain s’identifie à un système corrompu. Le problème n’est pas l’humain mais bien l’identification. Si l’on veut régler le problème de la violence en ce monde, et beaucoup d’autres encore, cela ne peut se faire qu’en modifiant cette nature, il n’y a pas d’alternative. Et on ne peut commencer que par soi. 

Jean-Michel Jutge

mardi 7 avril 2015

Verbe et Êtreté



Le problème ce sont toujours les mots que l'on emploie, le sens qu'on leur donne, et ce que l'on y met derrière. La plupart des confusions et des visions contradictoires des différentes spiritualités viennent de là.

En général il y a deux approches. Il y a ceux qui utilisent les mots, et essaient de découvrir à quoi ils se rapportent, et il y a ceux qui expérimentent, et essaie de trouver les bons mots pour partager ce qu'ils expérimentent.

L'une comme l'autre approche ne sont parfaites, car tant que la communication se fera sur des mots, elle sera sujette à interprétation, et chacun interprète selon sa propre conscience. Le fonctionnement sur la base de la conscience, que celle-ci soit d’ordre égotique ou de nature divine, est le mode de fonctionnement de l'humanité actuelle dans ce qu'elle a de plus bas comme de plus élevé. 



Et il y a un troisième mode de fonctionnement, qui est celui du Verbe. Le Verbe utilise les mots, mais cela ne passe plus par la conscience quelle que soit sa nature. C'est l'expression directe de la Parole divine, celle qui vient de Dieu, du Créateur, et qui passe par l'âme. Le Verbe est lui-même créateur, chaque fois qu'il s'exprime, et il peut s'exprimer directement sur n'importe quel plan, notre plan physique inclus, faisant évoluer la dimension sur laquelle il s'exprime. 

Il vient du Père, mais le Père est ici cet aspect de l'ineffable que personne ne peut toucher ni atteindre, qui restera toujours inconnu, mais d'où émane tout le reste, même les mondes divins de la 4e dimension au sommet de laquelle se trouvent cette race d'anges dont la fonction est de créer la conscience dans son état le plus sublime avant qu'elle subisse toutes sortes de chutes vibratoires et ne s'introduise dans la création. Et le Verbe transcende même les mondes de la 5e dimension où n'existe plus la moindre parcelle de conscience, mais où l'êtreté pure est reine.

Jean-Michel Jutge

samedi 26 juillet 2014

La Création


Pour comprendre ce qu’est le monde astral il faut l’aborder dans son contexte global, celui de la création. 

Il y a quatre grandes dimensions dans la création, qui ont chacune leur propre nature. La dimension divine, la dimension de la conscience, la dimension de l’énergie, et la dimension physique. Ce sont des différences de nature, et elles sont étroitement imbriquées les unes dans les autres de manière multiple. Mais elles restent distinctes qualitativement.

Pour résumer elles se sont créées ainsi : du Divin a émané la conscience par une chute vibratoire, et d’où sont issus les plans subtils. De la conscience a émané par une chute vibratoire l’énergie d’où sont issus les plans de l’astral. De l’énergie a émané la matière, toujours par une chute vibratoire, d’où est issu le monde physique. Mais ces quatre niveaux restent distincts.

Le mécanisme de la vie est le phénomène inverse. La matière sert de creuset pour que l’énergie puisse s’extérioriser, ensuite la conscience, puis le Divin. Tout cela s’amalgame et s’organise pour donner la vie telle que nous la connaissons, c’est l’évolution. 

Il n’y a que l’homme qui puisse extérioriser le Divin de sa propre intention. Cette extériorisation et cette alchimie ont lieu dans son microcosme. Etant lui-même le produit de la création, il porte les trois aspects de la densification, ou de l’involution si l’on préfère. Et donc il porte aussi ce qui a construit l’astral. Sur un plan horizontal, ces trois aspects dans notre microsome avec le quatrième, divin, entretiennent chacun une relation avec l’équivalent dans le macrocosme. Donc notre énergie et astral microcosmiques entretiennent une relation avec l’énergie et l’astral macrocosmiques. Voilà pour les liens. Voyons les détails.


Lorsqu’on perd la dimension physique, au moment du décès, ou par dédoublement, il nous reste alors les trois autres dimensions, mais l’astral devient notre base et nous nous retrouvons dans le monde astral. Il serait trop long ici de décrire tout ce que j’ai pu observer dans les dimensions de l’astral. Il y aurait trop à dire, et j’en ai déjà parlé maintes fois. 

Dans le microcosme, les émotions sont le produit des énergies et de leur fonctionnement, donc elles ont un lien étroit avec la dimension astrale. Et selon les influences qui s’y expriment les émotions sont diverses. On trouve d’ailleurs derrière la plupart des émotions négatives l’influence d’entités de l’astral.


Le monde rebelle ce n’est pas l’astral. C’est un univers qui s’est développé dans les dimensions subtiles de la conscience et l’astral, en cherchant aussi à travers celles-ci à dominer la matière. Mais il n’occupe pas tous les aspects de la conscience, de l’astral ou du physique. Heureusement sinon notre univers serait un échec dans l’évolution. 

D’une certaine manière la part qu’il occupe reste faible, mais malheureusement elle est très concentrée sur l’humanité, à cause de rôle que celle-ci doit jouer dans l’univers. Et aussi parce que l’homme est une belle proie subtilement parlant, étant donné qu’il peut développer toutes sortes d’énergies. 

Le mental en tant qu’expression extériorisé des sphères de conscience liées au vivant se projette dans les trois dimensions inférieures de soi, mais parce qu’il les reflète. La nature du mental reste de la conscience. Le vital c’est l’expression énergétique de la vie et des liens qu’elle entretien avec l’astral principalement. Mais tout ceci peut aussi évoluer par le Divin.


Le physique subtil, qu’il soit divinisé ou non, est la frange qui existe entre le monde de la matière et les autres dimensions lorsque celles-ci l’on pénétré. Il n’existe donc pas partout. 

Il a été mis en évidence sous certains aspects par le travail du yogi Sri Aurobindo et de La Mère à travers la descente du Supramental et de la conscience divinisé par cette descente. D’après ce que j’ai pu observer et vu par la dimension divine du Supramental, cette dimension a profondément plongée dans la matière sans en atteindre encore le fond, créant une dimension proche du physique et qui en porte différents éléments, dans laquelle d’ailleurs nous pouvons encore actuellement rencontrer La Mère et Sri Aurobindo. Ils agissent à partir de là.

L’astral comme le subtil nous ont conditionné profondément, dans nos structures même, puisque nous en sommes en partie issus. On ne peut simplement les nier et les rejeter, ce serait se nier et se rejeter soi-même. Nous sommes aussi issus de cela et nous devons le faire évoluer, simplement, en s’associant à une force supérieure de nature divine, ou à des forces saines issues des mondes subtils ou astral, comme celles du Bouddha, du Chi ou d’autres encore qui participent du développement de la vie.

Jean-Michel-Jutge

mardi 3 juin 2014

Le Samãdhi

J’ai parlé d’une naissance pour décrire le nouvel état dans lequel je me trouvais après l’éveil de Kundalini, et j’ai vraiment eu l’impression de devoir tout réapprendre avec un nouveau regard. Ainsi, je me rappelle par exemple m’être retrouvé un stylo à la main, et avoir eu un instant d’hésitation, ne sachant comment écrire. Et lorsque les mots se sont enchaînés, avoir fait cet acte de manière neuve, le découvrir au fur et à mesure qu’il s’affirmait.  

Ceci s’est confirmé pour beaucoup de choses, et la manière dont j’abordais l’existence se faisait avec une conscience inversée, comme si j’avais toujours vécu dans le miroir, et que tout s’était remis à l’endroit. Auparavant je ne voyais du monde que ce que ma conscience me renvoyait, celle-ci s’interposant entre lui et la vision que j’en avais. Mais là, la conscience restait derrière, et par cette nouvelle situation, semblait s’être inversée, ma perception étant directe. Ainsi la conscience ne m’apparaît-elle plus que comme un miroir sur lequel s’accumule l’image de nos expériences, et reflétant le présent, celui-ci se reconnaissant dans celle-là. Mais n’est-ce pas le miroir qui est inversé ? J’ai parfois l’impression de vivre au sein d’une humanité qui prend les choses à l’envers. 

Pendant un peu plus d’une année, je dus tout réapprendre, et je vivais une succession d’expériences et d’états que je ne contrôlais pas toujours mais qui rendirent difficile la vie dans laquelle je m’étais engagé jusque-là. Une année d’études où j’étais ballotté entre la découverte d’un monde et d’un univers fascinants et la nécessité d’accomplir un retour vers les tâches qu’exigeaient mes études, les travaux à l’hôpital la matinée, les cours dans les amphithéâtres l’après-midi, les travaux d’études dans ma petite chambre d’université le soir, ce qui m’occupait à peu près douze heures par jour, et des états de samãdhi qui saisissaient chaque occasion pour se manifester. 

Chaque état de samãdhi était une percée à travers la conscience me faisant percevoir la réalité au-delà des apparences sensorielles. J’avais beaucoup de mal, surtout au début à me concentrer sur mes leçons qui m’obligeaient à mémoriser systématiquement des pages et des livres d’anatomie, de physiologie, etc… D’ailleurs, dès que je me concentrais sur quelque chose, l’esprit s’absorbait, et cela a duré longtemps, aussi longtemps qu’il y eût une terre inconnue et nécessaire à explorer. Imaginez que vous ouvrez votre cahier, vous commencez à lire, à essayer de mémoriser, et sans vous avertir, les mots grossissent, ondulent, et vous vous retrouvez happé dans quelque dimension de l’esprit, n’ayant plus qu’un lien ténu avec votre table de travail, jusqu’à ce que vous reveniez tranquillement pour poursuivre votre leçon, avec un esprit plus vaste, certes, ou une compréhension accrue de l’univers ou de votre nature mais sans avoir pu avancer d’un pouce sur cette tâche des plus ardues qui est celle d’accumuler des informations. 

Ou bien vous soignez un malade, lui massant une plaie, et votre esprit entrant en union avec sa souffrance, n’ayant plus de barrière, vos énergies se transfèrent tout naturellement vers cet être qui en a grand besoin, vous laissant tellement vide qu’il vous faut vous enfuir pour récupérer. Je mettais deux fois plus de temps à réaliser les choses. Mais quelles merveilles de voir ces « anges » que sont les êtres humains, avec leur aura, leur conscience, leur être. Tout cela m’apparaissait dans toute sa splendeur, et chaque individu était un univers à lui tout seul qui méritait mon attention et mon intérêt. 

Ainsi, les envolées de l’esprit me faisaient découvrir le monde sous un tout autre aspect. Je pénétrais dans les pierres et les éléments de la nature, goûtant leurs essences jusqu’à en devenir parfois ivre, ou bien je plongeais dans les profondeurs de moi-même découvrant des espaces de paix, de plénitude, ou des dimensions que je ne soupçonnais pas. Au bout d’une année d’études supplémentaire, je dus me rendre à l’évidence que je ne pourrai jamais exercer cette profession, de par les contraintes qu’elle m’imposait. J’avais autre chose à faire : il me fallait enseigner le yoga et rendre accessible à l’être humain toutes ces merveilles. 

Je voudrais expliquer ici ce que sont ces états d’absorption dans les choses que la science du yoga nomme samãdhi. S’ils étaient nombreux et fréquents dans la période qui a suivi l’éveil de la Kundalini, ils se sont, avec le temps espacés de plus en plus pour réapparaître par la suite périodiquement mais toujours sous de nouvelles formes. Tout d’abord comprenons la nature du samãdhi. La Kundalini dans son éveil complet est un samãdhi, c’est-à-dire la percée de l’esprit, qui, quittant son emprisonnement au fond de la matière (le corps), des instincts (le vital) et de la conscience (le moi), trouve sa liberté en reprenant contact avec notre nature divine profonde. Mais à travers cette percée ne seront transformés chez l’individu que les aspects de celui-ci faisant obstacle à cette percée. 

Ce qui veut dire qu’un éveil de Kundalini ne constitue en rien un état de perfection, tout au plus un instrument supplémentaire nous permettant de réaliser celle-ci pour le peu que nous voulions nous perfectionner, c’est-à-dire accomplir totalement notre vocation et notre nature divine. La Kundalini est donc une brèche dans le chaos et l’obscurité humaine à travers laquelle nous pouvons avoir accès à la réalité, la plus haute étant ici celle de notre réalité divine. Chaque fois que nous empruntons cette brèche, cela l’agrandit et se traduit par un état de samãdhi c’est-à-dire une perception des choses dans la nature même des choses perçues sans que la conscience ou tout autre forme de conditionnement intervienne, à travers la simple présence de l’esprit et de l’être.  Plus la brèche s’agrandit, plus le voile du conditionnement disparaît, laissant de plus en plus souvent l’esprit dans un état de vacuité qui est samãdhi naturel ou rien ne fait obstacle entre le profond et la périphérie. 


Un deuxième fait vient se rajouter à ce mécanisme. Lorsque l’esprit se rend compte de cette double nature, de son état de liberté dans la vacuité et des limites de celle-ci constituant donc les limites de la brèche, il n’a de cesse de faire reculer celles-ci, entrant en samãdhi sur la conscience elle-même, vecteur de ses limites et du conditionnement. Commence alors un lent processus d’intégration, ou de désintégration de la conscience, se transformant alors en Supra-conscience qui est à l’être ce que la conscience ordinaire est à l’ego.

D’autres états succèdent à celui-ci ; mais nous pouvons penser qu’une personne ayant éveillé sa Kundalini mais n’ayant pas réalisé la nature illusoire de la conscience posséderait cette double ambiguïté : celle d’avoir un esprit libre tout en continuant à vivre sur ce que la conscience nous renvoie, sachant au fond de soi où est la réalité, mais la conscience doutant de celle-ci s’attachant à ses propres mécanismes et croyances avec autant de force qu’elle cherchera à imposer ses vues. 

Ceci peut être car l’Être, même réalisé, peut manquer d’intelligence et de force ; mais il lui suffirait de voir l’illusion de cette conscience pour que s’amorce alors ce lent processus. Ainsi, si l’éveil de la Kundalini nous libère de l’autorité extérieure, il ne nous libère pas de notre propre autorité. Je devais réaliser cela quelques années plus tard par un choix de l’intelligence qui fit irrémédiablement tourner l’esprit vers le soi non intégré, pour sa propre fin, laissant les affaires du monde à l’être-présence, choix le plus adéquat pour permettre le développement de cet Être et la fin de cette conscience. Je dois dire que les limites de la conscience individuelle ont vite été atteintes, pour le peu qu’elles aient subsisté, ouvrant l’esprit sur une conscience collective toujours plus vaste et partagée entre plusieurs univers. 

Ainsi, le monde m’est apparu par la suite sous quatre états principaux superposés les uns aux autres, ayant autant de réalité perceptible les uns que les autres, et dont je n’ai pu éviter la confrontation, existant dans chacun d’eux ; le monde de la matière que nous connaissons tous, le monde de l’énergie qui prend de multiples aspects, les mondes de la conscience dont font partie la conscience collective de l’humanité mais aussi celle de la nature, etc..., et les expressions divines, plus courantes que l’on ne croit. 

Extraits de « Lettres aux chercheurs spirituels – Récits autobiographiques » par Jean-Michel Jutge 
© 2014 Editions Elliance

samedi 5 octobre 2013

La pensée, le moi et la méditation

Comment approcher la nature du moi ? Etre lucide sur soi-même est une bonne chose, et simplement constater son fonctionnement. En cela nous ne sommes pas très différents de tout le monde. Chaque être humain vit en fonction de son moi, qui présente des mécanismes tout à fait similaires. Le moi, c'est tout ce que nous avons pour commencer. Il n’y a donc pas à le juger. Ni même à le condamner. Il faut l’accepter, tel qu’il est, ce qui veut dire s’accepter soi-même, même dans nos défauts et nos limites. Ceci dit, et une fois ce constat fait, que vas-t-on faire de celui-ci. C’est là toute la question. Certains s’enferment dans le cynisme, la dépression, voir l’aigreur après avoir constaté leur réalité. Ou bien ne cherchent plus qu’à nourrir leur ego. L’autre alternative, c’est de regarder tout cela de manière pragmatique, sans s’auto juger ni s’auto censurer. Et cela devrait simplement nous porter vers plus d’humilité et d’abandon de soi. Faire le constat de notre réalité ne doit pas devenir le prétexte à se couper de ce que nous avons pu reconnaître comme étant porteur de vie. 

Car ce n’est pas parce que nous ne sommes pas entiers dans ce que nous faisons que nous ne devons plus rien faire. Le défi est justement de se dire alors, " comment puis-je être plus authentique dans ce qu’est ma vie, comment puis-je être plus ouvert, plus sincère, plus vivre en accord avec ma réalité ? " Cela ne veut pas dire « puisque je fais mal les choses je ne vais plus les faire » car alors nous ne ferions plus grand-chose. Ce serait ne pas voir le sens sacré de la vie humaine et des actes qui en découlent. La fuite n’a jamais été une solution, la non acceptation de notre réalité non plus. Après tout c’est soi, et il faut commencer par aimer ce soi-là si l’on souhaite le faire évoluer. Nous pouvons donc commencer par approfondir cette question-là : "  Y-a-t-il un conflit avec cette réalité ? " 

Ensuite le rapport à soi-même doit être établi dans la méditation. Après avoir  constaté notre réalité que fait-on ? La première des choses est de faire silence, lâcher, dédramatiser, ne pas donner d’importance. La deuxième des choses c’est d’y revenir, mais avec la paix. Et là il n’y a plus de jugement, sur ce que l’on est, sur les autres. Il n’y a que ce qui est.


Alors la méditation est tout un art, que personne ne peut nous apprendre. Mais dans la méditation ce qui est important c’est l’intégration. Nous avons observé la complexité du moi et de la pensée, qui ne cessent de mentaliser, et qui vont aussi peut-être mentaliser ce que vous lisez là. Mais peu importe. Inutile de résister à la mentalisation. C’est un mécanisme  qui de toute manière ne peut pas être contrôlé. Autant s’en faire un ami. Mais nous pouvons nous en détacher, comme de tout le reste. 

Ce qui ne veut pas dire refouler. Le refoulement vient dans la résistance, lorsqu’il y a non acceptation de ce qui est.  En réalité nous ne courons aucun danger, nous ne sommes pas en situation de danger en procédant ainsi. Nous pouvons donc lâcher sans problème la résistance. 

Et elle est là aussi lorsqu'on souhaite être autre chose que ce que l’on est. Par exemple nous fonctionnons par la pensée et nous souhaitons ne plus fonctionner par la pensée, tout cela nous fatigue etc… Donc résistance, non acceptation de ce qui est, et finalement conflit. Plus la résistance est forte, plus le conflit est fort. Il est impossible de se libérer d’une structure intérieure si le conflit est là, car il nous en sépare. Et pour se libérer d’un mécanisme il faut savoir l’aimer, le chérir, communier avec, en comprendre toutes les structures, toutes les subtilités, et tous les liens qu’il entretient avec le reste. Ce qui est impossible à faire si l’on veut être autre chose que ce que l’on est. Donc commencer par faire la paix avec soi-même. Ce qui veut dire aussi comprendre les images et images de soi, les idéaux dans lesquels nous nous projetons.

Parallèlement à tout ce que nous n’aimons pas et que l’on rejette il se trouve une autre construction de la pensée qui est ce que nous aimons et que l’on recherche. D'un point de vue conditionnement c’est la même chose, d’un côté le conditionnement négatif, de l’autre le conditionnement positif. Voir comment les deux s’opposent dos à dos doit faire partie de notre observation. Car s’il faut apprendre à accepter sans conflit le conditionnement négatif, il faut apprendre aussi à se détacher du conditionnement positif, celui qui nous dira, il faut être comme ceci, ou il faut être comme cela, je veux ressembler à ça, je veux paraître ceci ou cela etc. Tout ceci constitue autant d’éléments de notre moi qu’il est nécessaire d’apprendre à voir de manière ouverte, et à intégrer. Aussi complexe que puissent être les mécanismes internes, et ce peut être un vrai labyrinthe, le problème est le même, comment apprendre à intégrer ce que je suis ? Et cela se fait par la méditation.

Jean-Michel Jutge

jeudi 25 juillet 2013

L'observateur

Tant qu’il reste un observateur, il existe un centre qui se dissocie, ici du Divin. L’observateur c’est de la conscience. L’unité avec le Divin est là lorsque le centre est en unité avec Lui, donc lorsque l’observateur est fondu, le soi du présent. Si cela n’est pas, cela revient à dire qu’il existe toujours un soi distinct. 

Ce soi ne peut être démasqué par le soi, ce serait comme le chat qui se mord la queue. Soit c’est le Divin qui le ravit et qui parcours la distance, soit nous comprenons la nature de la mort intérieure, ce qui nous débarrasse du soi, le résultat est le même. Mais on ne se rend pas compte que nous ne sommes que des usurpateurs et que nous sommes nous-même le problème.

Jean-Michel Jutge

dimanche 21 août 2011

Le vital


La question du vital est importante car de nombreux individu y sont soumis, pour ne pas dire tous ou presque. Mais certains fonctionnent aussi sous d’autres centres.

En fait trois foyers existent dans l’être humain, l’un dans la tête, là où s’enracine la conscience ordinaire, et qui forme l’ego psychique, un autre dans le cœur, là où s’enracine notre nature sentimentale avec son ego correspondant, et le troisième dans le ventre correspondant au vital et son ego, celui dépendant des peurs et des désirs.

Chaque être humain est dominé par un ou plusieurs de ces foyers, en général un prédomine, les autres se modelant autour. Mais tous nous portons les mêmes distorsions de base dans chacun qui sont inhérentes à la structure de nos corps subtils. Seule la forme qu’empruntent ces distorsions feront les différences.


Ainsi, tout le monde a des peurs, tout le monde a des désirs, tout le monde a des sentiments, de la conscience, de l’orgueil etc. et tout le monde a des entités dans son être vital, et pas que là d’ailleurs. Le paradoxe, c’est que nous pouvons posséder à la fois le diable et l’ange.

L’esprit est tellement compartimenté et la conscience morcelée qu’ils peuvent se côtoyer dans un même individu sans se rencontrer, à un niveau subconscient ou supraconscient, et cela à l’insu de l’individu même qui les porte.

Celui qui ne plonge jamais en lui-même et passe sa vie à se fuir ne saura jamais, sinon peut-être au plus profond de ses rêves et de ses cauchemars, ou peut-être après son décès, à quel point son organisme et la vie qu’il porte possèdent d’habitants et de formes psychiques, psychoénergétiques ou énergétiques tout court.

La fenêtre qui nous ouvre sur la vie du corps et des autres systèmes est minuscule. Dans l’état actuel de l’homme, salutaire est cette inconscience, car éclairez la pièce d’un coup et c’est la folie qui guette l’individu, incapable d’assumer cette révélation et la poubelle énergétique et phénoménale qui nous environne.

Jean-Michel Jutge

dimanche 17 avril 2011

Choix individuel ou choix collectif


Commençons par le choix. Nous ne parlerons pas ici d'un choix intellectuel toujours réversible mais de celui qui vient des profondeurs et qui modèlera l'orientation du développement de la divinité en soi de manière irréversible.

Quel que soit le chemin de développement spirituel que l'on emprunte, c'est à dire quel que soit le processus en cours à travers son être, des choix doivent avoir lieu tout au long de celui-ci. Celui de se concentrer uniquement sur la transformation individuelle, ou de travailler pour la collectivité se pose aussi un jour. En fait il se pose à un moment donné, au plus tard lorsque la carapace personnelle a cédée, et l'être doit décider où et comment va s'exprimer la créativité qui l'habite.

Les facteurs de décision de ce choix sont nombreux, mais il faut savoir que quel qu'il soit, il influence ensuite toute la manière dont la grâce divine va s'exprimer en soi et autour de soi. Pourquoi cela ? Parce que le travail de l'homme et du divin est une collaboration. Toutefois on ne soupçonne pas toujours la portée de nos choix et les conséquences de ceux-ci peuvent être radicalement différentes selon l'un ou l'autre.

Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'une orientation du processus de développement. Un choix individuel implique toujours au moins en partie une action collective, et un choix d'évolution collective implique toujours une transformation individuelle, car l'individu fait aussi partie du collectif, et certaines choses ne peuvent pas être réalisées autour si elle ne sont d'abord réalisées en soi. En finalité, les deux se rejoignent, pour reprendre une image on ne se sauve sans sauver les autres et inversement, il s'agit du même mouvement.

Je vais rester dans les généralités et continuer de parler de choses communes à tous les développements. Tant que le problème du soi, c'est à dire de la conscience individuelle n'est pas résolu, nous restons centrés sur nous même, et notre action a peu de répercussions positives sur la collectivité.

Pourquoi ? parce que les actes restent en partis conditionnés par ce que nous sommes. Notre regard lui-même en est teinté. Notre capacité d'amour reste très limité et a peu d'effet transformateur.

Lorsque le soi est sorti de sa propre autorité, c'est à dire lorsqu'il est ouvert, parce qu'il a su se fondre dans le coeur, l'esprit en est libre. La conscience n'est plus individuelle, elle fait partie d'un tout, l'acte qui passe par notre conscience passe aussi dans la conscience collective, l'impact est plus important.

Toutefois il restera toujours limité, car nul homme ne peut être la conscience totale. Mais chacun pourrait en influencer et en illuminer une partie. En fait à partir de là, plus notre être est vaste, plus il a la capacité d'intervenir sur cet aspect, et le divin d'intervenir à travers lui sur les différents niveaux d'existence. La manière d'intervenir et les résultats dépendront alors des processus en cours à travers cet être autant que de sa nature propre.

Jean-Michel Jutge

dimanche 6 mars 2011

La reconnaissance de l'obscurité

La reconnaissance de l'obscurité ne peut passer uniquement par la simple conscience, sous peine de l'obscurcir. C'est la Lumière elle-même qui doit avoir cette reconnaissance et l'âme dans sa force. Car notre simple conscience est trop obscure et trop faible pour pouvoir changer les choses en profondeur, bien qu'elle doive aussi grandir dans l'intelligence.

Mais la Lumière, elle, repousse les ténèbres, après les avoir révélé, et change ce qui peut ou doit l'être, en attendant que le Divin à travers ses pouvoirs puissent nous investir et creuser en profondeur aux sources de la vie.

La Lumière divine n'est pas inaccessible par la nature humaine, ou parler de tout cela n'aurait aucun sens. Dieu est si loin, et en même temps si près de chacun. La grâce peut très bien s'exprimer à n'importe quel moment et auprès de n'importe qui sans raison apparente, mais encore plus si le faux et le mensonge, ceux qui sont structurels et non moraux, et que nous portons collectivement, sont reconnus pour ce qu'ils sont. Mais précisément toute la difficulté est là, trouver cette lucidité. Et le problème est bien dans la conscience.

Jean-Michel Jutge

dimanche 23 janvier 2011

La distance entre Dieu et l'homme


En notre esprit et conscience la distance qui nous sépare intérieurement de Dieu est grande, c'est celle qu'a remplie l'ego, l'orgueil, l'ambition, après la séparation de l'homme d'avec Dieu au moment de la chute. C'est une distance d'obscurité.

Dieu peut la parcourir par sa grâce, dans certaines conditions, parce qu'il existe aussi un autre lieu où cette distance n'existe pas, le lieu de l'âme qui reste unie à son Créateur. Mais du coup la distance qui nous sépare de Dieu est aussi celle qui nous sépare de notre âme.

Et tout le problème consiste alors à parcourir cette distance, ce qui veut dire changer de polarité, pour être uni à Dieu, créer cet alignement qui passe par le corps, la sensibilité, l'esprit et la conscience, vers l'âme et le Divin en soi. Cela pour ce qui nous est propre et intérieur.


Pour l'extérieur, dans le macrocosme, c'est autre chose. Dieu est absent de la création, en grande partie, ou présent seulement à travers les centres de rayonnement Christique et Divin que l'on trouve en différents points du cosmos.

Mais le rôle de l'homme c'est précisément de pouvoir le manifester. Et donc la vrai question n'est pas de se demander pourquoi Dieu est absent de notre propre personne, et pourquoi ne se manifeste t'il pas plus, ce qui est encore une vision anthropomorphique qui participe elle-même de cette absence ; mais comment est-ce que je peux manifester moi-même totalement ma raison d'être en tant qu'être humain et divin, qui est celle précisément de combler à cette absence de Dieu dans la création en le rendant présent, et de faire ainsi évoluer la création à travers moi...

Jean-Michel Jutge

mardi 8 juin 2010

Extinction de soi

Le corps tout autant que l'esprit appartiennent au Divin, la partie divine qui est en nous, l'âme. Ils n'appartiennent pas à ce que l'on appelle communément soi-même, la conscience, l'ego, qui sont différents aspect d'une même chose. Nous, notre identité, ce que l'on considère comme étant soi-même, le soi au centre, notre propre centre, nous avons prit le contrôle de tout cela et nous le vivons dans la légitimité, mais en réalité nous sommes des usurpateurs. Et nous devons mourir nous-mêmes pour qu'il y ait cette renaissance dans l'âme et que tout cela soit redonné à l'être, à l'âme, à la nature Divine. Là est le sens de la mort intérieure.

Cette nature humaine telle qu'elle est communément, telle que nous la connaissons n’est pas un héritage de l’évolution, elle est un produit. « Nous » dans notre conscience, dans notre identité, nous sommes un produit de la chute. Et l'on se considère comme étant ce « soi-même », animé d’une volonté qui commande ce corps, mais tout cela est aussi un produit de la chute.

En toute réalité, à la fois le corps et l'esprit appartiennent à l'âme, et c'est l'âme qui doit reprendre sa véritable place. Et pour que cela soit cette conscience centrale, dans laquelle on vit, qui est aussi celle de l’ego, doit s'éteindre pour que l'identité renaisse au niveau du cœur, c'est-à-dire au niveau de l'âme.

Il s’agit là vraiment d’une extinction de soi, au centre de soi, et d’une renaissance qui a lieu dans notre cœur. A ce moment-là on devient l'humain, on devient l'humain en soi. Alors l'ego ni la conscience ne dominent, l'être humain est de manière entière. Et nous sommes cet être humain qui vivons dans ce corps et nous sommes ce corps, et nous sommes cette vie que porte le corps et nous sommes cet esprit complètement, mais nous ne sommes pas une personne qui habitons au milieu de tout cela, qui commandons à tout cela et qui se différencie de tout cela.

Jean-Michel Jutge

jeudi 26 novembre 2009

Être et conscience

La vraie question de la transformation intégrale ne concerne pas seulement la conscience. Si la conscience est bien le premier obstacle, la résolution de cet obstacle n'entraine pas forcement la résolution du problème de la vie et de la mort. La réponse absolu à l'état actuelle de la conscience, qui est une conscience morcelée, auto-centrée, qui ne reflète que sa propre image, qui s'enracine dans le passé, la réponse est l'unité, l'ouverture, l'abandon de soi.

Pour autant cette ouverture et cet abandon de soi ne suffisent pas pour nous faire découvrir les racines de la mort et les conditionnements du vital et du corps, qui se trouvent plus profondément enfouis. L'unité de la conscience amène la paix, la non-dualité, et la plus parfaite expression individuel de soi qui ne soit pas égotique. Mais elle ne résout ni le problème de la mort, ni ne donne les réponses fondamentales à l'existence humaine, ni forcement la destiné et le devenir absolu du monde et de la création, dont celle de l'homme en tant que partie du tout. Pour cela il faut autre chose, la conscience ne suffit pas.

Et c'est là qu'intervient l'Être, dont la nature n'est ni conscience, ni énergie, ni matière, mais qui peut les porter tous trois, les intégrer en sa nature et leur donner une nature absolu. Celui qui vit dans l'Être vit hors de ce monde. Il le transcende. Et tout en le transcendant il connait les facteurs causaux de la manifestation, il peut donc agir dessus, et révolutionner le monde.

L'Être peut être actif alors même qu'on n'en soupçonne pas l'existence, jusqu'à ce qu'il se révèle au soi. Alors on s'aperçoit qu'il a toujours été là, et même que sans lui, nous n'existerions même pas.

Il ne faut pas confondre la conscience et la nature d'être. Car il est facile d'être conscient du corps. Pratiquez du hatha yoga quotidiennement en développant cette conscience physique, si vous ne l'intégrez pas, vous ne ferez qu'un super égo du corps, car la conscience non intégrée forme l'ego. La conscience ne suffit pas. Elle a construit les schémas et les lois de fonctionnement de l'organisme, mais elle est arrivée à ses limites. Si l'humanité veut aller plus loin, il est temps de passer à autre chose.

Un corps libre de toute conscience, donc de tout schéma, participe pleinement à la vie, car plus rien n'entrave l'énergie, tout au moins rien issu de la psyché, du moi conscient. Car il n'y a pas que le "moi" qui paralyse le corps. Il y a aussi des phénomènes vitaux liés souvent à l'énergie cristallisée issue ou non de traumatismes, de blessures, ou du champ vital environnant bien souvent très bas vibratoirement, ou issus de mondes parallèles comme le monde astral ou d'autres choses encore. Et il y a les blessures du corps, écorché par la vie, car n'ayant pas eu la force intérieure d'y faire face totalement car portant un lourd héritage subconscient ou génétique issu de l'histoire des hommes et de la nature. Libérer le corps de la souffrance, c'est le libérer de tout cela. Mais sans aller jusque là, on peut déjà libérer l'esprit, si l'on comprend comment nous sommes responsables de nos prisons.

Et donc, il faut bien que le corps se libère de la conscience, pour qu'elle n'interfère plus à sa vie, et que le véritable habitant de ce corps puisse y prendre sa place, car l'Être n'est pas dissocié de la vie qui l'habite. Et pour cela il faut comprendre toute la nature et la structure du moi jusque dans ses racines inconscientes, celles qui prennent racine dans le corps, là où est la peur, là où sont nos désirs les plus cachés. Car tant que le moi étends sa suprématie, l'esprit reste prisonnier et identifié à une nature qui n'est pas sienne, et l'Être ne peut prendre sa véritable place. Il n'y a pas d'autres solutions. Peut importe le chemin. S'il mène en ce point, nous passerons la porte étroite.

Jean-Michel Jutge

samedi 17 octobre 2009

Humain

Qu'est-ce que l'humain ? Avec son corps, ses sensations, ses émotions, son intelligence, sa capacité d'aimer ... Est-ce notre pensée, notre conscience, cette entité autour de laquelle tourne l'existence et qui est incapable de voir le monde autrement qu'à travers son propre regard, ou est-ce autre chose ? Car il existe bien autre chose en nous. Mettez fin au soi, dans sa construction psychologique faite de conditionnements, d'images et de croyances, d'idées et de théories, de concepts, de dogmatisme qui frise le fanatisme religieux même si nous l'appelons autrement. Mettez-fin à toute idée que vous avez de vous-même.

Mettez fin même à l'existence du soi. Que reste-il ? Il reste l'humain dans l'excellence du terme. Un humain qui au centre est être et fonde sa nature sur autre chose, un autre chose qui s'enracine dans le coeur. Et celui-là est beaucoup plus réel que l'autre, étant éternellement lié à l'existence, au-delà de tout conditionnement et de toute culture, c'est l'humain présent en chacun qui reconnait l'humain en l'autre et capable de communier avec la nature et toute l'existence. Mais pour le découvrir, combien de dépouillement, de remise en question, d'abandon de soi faut-il, pour s'apercevoir que derrière toute la futilité de notre existence il a toujours été là.

Jean-Michel Jutge

samedi 16 mai 2009

La relativité de la conscience

Qu’est-ce qui détermine la forme et la séparation entre les différentes formes, ainsi que le mot, au-delà de la sémantique, qui est associé à cette forme ? Et bien la sensibilité, et la perception que nous avons de la forme. Puis plus profondément la manière dont la conscience rend compte de cette forme, c’est elle qui nommera. Mais elle ne peux séparer ni nommer ce qu’elle ne perçoit pas, si ce n’est à travers la projection de ce qu’elle connaît, donc qu’elle a un jour perçu. Ainsi, notre perception des formes et toute la conscience de la réalité sont conditionnées par les sens que le créateur a bien voulu nous doter.

Je vais illustrer ceci par une histoire qui va plaire à ceux qui aiment ce genre d’histoire, et à ceux qui s’intéressent à la vie extraterrestre : Trois êtres un jour prirent contact avec moi. Une sorte de contact télépathique, mais plus que cela une sorte d’empathie des sens qui me fit rentrer en communion avec leur esprit. La particularité de ces êtres est qu’ils n’étaient pas de notre monde. 1m à 1m20, une énorme tête comme un ballon de rugby allongé vers l’arrière et le haut sur un cou frêle, pas de cheveux, d’énormes yeux noirs et ovales de chaque coté de la tête genre petit gris. Le corps et les membres maigres, une peau verdâtre genre peau de batracien, de longs doigts avec des ventouses sur la dernière phalange … Je m’arrêterais là, pas très engageant.

Je vécus presque deux semaines à travers leur esprit et ils vécurent de même à travers le mien. Je devais leur paraître curieux, car enfin, j’avais pleinement conscience de leur présence. Ils voyaient, entendaient, percevaient le monde à travers mes propres sens. Et c’était la même chose dans l’autre sens. Et ils m’étudiaient sur leur monde, à travers le ou les individus qui conservaient cette empathie avec moi, comme je découvrais leur propre civilisation. Une civilisation technologique fort avancée. Des cités style science fiction, mais surtout beaucoup d’appareils et de machines auxquels je ne comprenait rien. Je n’aimais pas me trouver là, car je perdais pied d’avec la réalité d’ici. Je suis même rentré à travers eux en contact avec d’autres espèces sur leur monde, avec lesquelles ils rentrent en empathie de la même manière, pas aussi intelligente semble-t-il, mais en affinité de conscience avec eux.

Je découvrais que cette espèce avait développé un sens que nous ne possédons pas, une sorte de sens parapsychique qui les plaçait en communion d’esprit avec leurs congénères formant une sorte d'esprit collectif, un sens dont nous n’avons pas idée, et dont notre organisme ne possède aucune structure pour le développer. Tellement étranger à notre espèce que ça en bouleversait ma propre conscience de l’ici et maintenant, j’en était profondément affecté, cela n’avait rien d’humain. Par ailleurs, je découvrais également que la perception visuelle des choses qui les entouraient était très différente de la notre. Ils voyaient tout dans les tons de vert et de manière assez terne. Nulle couleur dans leur regard en dehors du vert. Toute la beauté des couleurs leur échappait totalement, et s’ils voyaient les couleurs à travers mes yeux, je ne doute pas qu’ils puissent être aussi désorientés que moi à percevoir à travers leurs facultés parapsychiques.

Ce contact était fort désagréable. Ces créatures n’avaient pas d’âme. Certes, un esprit fort développé, certainement une grande intelligence d’esprit, mais c’était vide de cœur, de présence, la froideur et la rationalité d’esprits sans cœur, écœurant ! Psychiquement parlant, au fil des jours, ma conscience s’imprégnait de plus en plus de leur nature au point qu’intérieurement je me percevais presque moi-même comme un extra-terrestre. J’acceptais le contact aussi longtemps que je pus, pour l’expérience elle-même, mais finalement je dû le rompre. J’ai fermé mon esprit, et tout est rentré dans l’ordre.

Je vais revenir sur cette histoire de couleurs et de conscience. J’ai pris l’exemple d’extra-terrestres, car c’est flagrant, mais j’aurai pu prendre l’exemple de choses plus proches de nous. La conscience et sa manière de séparer les choses, de les nommer, se détermine sur la perception même que nous avons de ces choses. Ainsi ces créatures sont bien incapable de concevoir ce qu’est la couleur, d’en avoir même l’idée. Peut-être ont-elles inventé un appareil qui mesure les spectres lumineux, comme nous mesurons les spectres radars, mais elle ne connaissent pas cette beauté du monde. Si elles ont pris contact avec moi, c’est probablement parce qu’elles ont croisé un esprit capable de les recevoir. Peut-être est-ce leur manière d’explorer l’univers. Je ne le saurais pas car je n’accepterais pas un autre contact. Mais j’imagine toutes les merveilles de la création qui nous échappent totalement parce que nous n’avons pas les sens adéquates.

mardi 20 janvier 2009

Projections et Réel

Le microcosme se construit à l'image du macrocosme qui se projette dans le microcosme. Une limite sépare les deux. L'être humain ne vit que dans son microcosme, même quand il croit vivre le macrocosme. En gros c'est comme si nous étions dans une pièce qui par un jeu de miroir reflète sur un écran ce qui se passe devant la fenêtre et que nous étions assis devant cet écran croyant y voir la réalité alors que ce n'en est qu'une image. Nous ne quittons jamais notre chaise, et nous cherchons à comprendre le monde à travers cet écran.

Dans le monde du rêve nous sommes dans le domaine du microscosme. Lorsque nous dormons, nous repassons tous les films, car tout ou presque est conservé dans le subconscient, et nous montons un nouveau film avec les petits bouts de ceux que l'on a, un film qui nous convient.

Parfois par la fenêtre souffle une brise et nous appréhendons quelques éléments du réel. Parfois encore des êtres rentrent dans notre maison. ils peuvent venir des enfers comme des mondes angéliques, et ils viennent s'agiter devant notre écran, donnant un parfum de cauchemard, ou de nirvana à notre réalité. Mais qui s'est levé de sa chaise et a passé la fenêtre ?

Lorsque nous mourrons c'est encore pire. La maison disparait, il n'y a plus d'écran. Alors nous déroulons tous les films et nous construisons une réalité qui sera celle de leurs projections, cauchemardesque ou bienheureuse selon ce qu'aura été notre vie. Nous construisons notre domaine subtil un peu comme un monde onirique qui prend réalité. Mais il existe beaucoup de variantes à ce scénario. Je ne m'étalerai pas plus pour l'instant.

Parfois certains prennent conscience qu'il sont devant un écran, que tout est leur projection. Ils disent qu'ils s'éveillent. Alors le monde apparait tout entier à l'intérieur de soi, illusion de l'éveillé qui ne voit en fait que sa propre demeure. D'autres fois certains, à force de scruter leur écran pour y découvrir la réalité, tombent de leur chaise. La révélation est brutale. En général ils s'empressent d'y retourner rajoutant leur expérience à leur cinéma. Bien plus rare sont ceux qui se retournent, abandonnant les films et les histoires, ils ne sont plus rien et n'ont plus rien à quoi s'identifier. Alors ils découvrent la fenêtre, et voient poindre à travers elle un monde en 3D.

Et puis il y a celui qui s'est fait arraché de sa chaise, par la main de Dieu qui comme un voleur a violé sa maison, ses croyances et ses espérances. Celui-là s'est fait attrapé par le collet et brutalement s'est retrouvé jeté hors de chez lui. Nul ne peut sortir de sa demeure de lui-même...

L'image de la fenêtre est une analogie qui rend compte de la perception du réel. Celui qui n'est plus rien et ne s'identifie plus à rien n'a plus d'image de lui et perçoit les choses telles qu'elles sont, non à travers une image qui est toujours en 2D. C'est pour cela qu'il fait face à la fenêtre. Il n'y a pas besoin de prendre du recul, il n'y a plus personne dans la pièce, il est lui-même la pièce pour ainsi dire.

Lorsque l'on parle de l'identification, c'est celle de nos constructions mentales et psychiques. Libérez-vous en, et vous ne projeterez plus rien sur le monde. Pour autant le monde ne vous apparaîtra pas forcément transcendant, simplement vous le verrez tel qu'il est en fonction de votre nature, de votre sensibilité, de vos ouvertures. Si vous ne portez pas en vous la 4e, 5e ou 6e dimension, elles ne vous apparaitront pas pour autant.

L'analogie a ses limites. Si l'on ne projette plus on est dans la vacuité, ce qui nous permet de voir devant : un écran vide ; derrière : une fenêtre avec un paysage ; et autour : l'intérieur de la pièce et ses décorations auxquels nous n'avions peut-être jamais fait attention. On n'est libre que de soi.

Quittons un peu cette analogie. Toute brêche réalisé dans notre nature humaine et menant vers un accomplissement possède ses propres illusions. Chaque fois que l'on voit la réalité de manière plus profonde et élargie, croire que l'on voit tout, sais tout etc n'est que relatif avec notre perception antérieure. Et il faut souvent une réalisation plus profonde pour s'apercevoir de notre erreur, et une encore plus profonde pour voir la relativité de toutes les réalisations etc. La plupart tombent dans ce piège, certains recréent même une réalité qui parait plus réelle pour celui qui ne voient rien mais qui est en fait une illusion encore plus grande etc...

A quoi se fier donc ? A rien, nous sommes démunis, la sagesse montre qu'il n'y a pas vanité à accomplir quelque chose, que tout ou presque toutes nos investigations ne sont que des fuites et que le monde est d'un réalisme consternant, d'un existentialisme sans détour, que la vie pour être comprise ne peut être prise qu'à bras le corps, qu'il n'y a pas d'état salvateur, seulement des conséquences à nos prises de conscience et nos restructurations créatrice, que rien ne s'arrête nulle part, et que l'on peut tout expliquer par une chose et par son contraire, mais que la vérité est une et que personne ne peut nous l'enseigner. Comprenne qui pourra...

Jean-Michel Jutge