dimanche 4 juin 2017

Le devenir de la Terre

Le devenir de la terre - Être artisan de la Lumière


Jean-Michel Jutge et Nicole Soucarrat.

Editions Elliance


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Chapitre I - Extrait

Dieu et la Création


« ... Je Le vois alors comme une phénoménale sphère d'énergie et d'amour en pulsation animée d'une vie incroyable. L'univers est à l'intérieur de cette sphère mais je ne le vois pas, je ne vois que la surface extérieure de la sphère qui, des gouffres infinis de l'Absolu où je me trouve alors, est, en diamètre apparent, un peu comme le soleil. L'espace dans lequel je me trouve est le vide total, l'absence de tout. Une profonde paix entre en moi. Cet espace est la paix totale, la paix du rien, le vide au-delà de Dieu. Je contemple Dieu dont la surface apparaît en mouvement permanent dans les tons rosés, mauves, lilas. Puis je reviens en notre monde, mais la sphère de Dieu reste présente en mon cœur comme une sphère bouillonnante de vie et d'amour. J'ai l'impression de porter Dieu et la création dans mon cœur et qu'une partie de moi existe au-delà de Dieu. Il faudra que je plonge dans les profondeurs de ce néant pour en savoir plus. »


(« Les Mystères de la Création » - Jean-Michel Jutge)

C’est ainsi que je me retrouvais un jour, après avoir traversé le temps et l’espace, à l’origine de la Création elle-même, et dans les profondeurs incommensurables de l’Absolu. Ce voyage eut lieu en esprit, âme et conscience, alors même que le corps restait sur Terre en méditation ou relaxation, comme pour tant d’autres voyages. Ceci est une expérience vécue qui, pour autant qu’elle fût bouleversante, n’en représente pas moins une vision relative de la réalité divine.

Car rien n'est vide à part le néant présent dans le manifesté d'où émane le chaos. En Dieu, le vide n'existe pas. Et je m’en suis aperçu par la suite, lorsque j’y suis retourné. Le vide apparent n’était que la résultante de mon absence de perception, car rien en moi n’avait alors, à ce moment-là, capacité de percevoir la nature divine présente là, et elle se révéla par la suite, me faisant prendre conscience de la relativité de chaque expérience.

La théorie du vide d'où est issu le manifesté est parcellaire, elle ne rend pas compte des faits. Le vide est l'apparence pour l'esprit lorsqu'il pousse son éveil jusqu'à ses limites, il ne peut passer la barrière du vide apparent. Mais l'âme nous révèle aussi l'autre côté, la quatrième dimension comme l'a nommée un jour Jésus en ma présence, ce qui nous fait voir le plein non-manifesté comme à l'origine de tout le réel. Et je vais essayer d’en rendre compte dans le chapitre qui suit.

Ce que j'appelle Dieu est ce qui est à la source de l'Être, à l'origine de cette création. Le domaine de Dieu n'est pas dans cet univers, mais nous en portons un fragment dans le cœur, c'est ce qui nous différencie des autres règnes de la nature. Grâce à ce fragment nous pouvons aimer, créer, nous comporter comme des êtres libres. Nous avons une individualité, nous sommes capables d'évoluer et même de nous recréer. Nous avons une intelligence transcendante, nous pouvons trouver les sources de la vie et l'étendre. Nous pouvons voyager dans cet univers et parmi les étoiles sans avoir besoin de vaisseau, et nous pouvons découvrir les merveilles de la création. Nous pouvons connaître Dieu, pour le peu qu'Il veuille bien se révéler, car Il demeure éternellement inconnaissable dans son tout, et pourtant, le peu que nous pouvons en appréhender est totalement bouleversant et peut nous rendre immortels.

Et lorsque nous sommes au service de Dieu sans que ce soit un idéal, une philosophie, une religion, ou un déguisement pour ne servir que soi ; lorsque nous nous sommes suffisamment effacés pour qu'Il pénètre en nous et s'exprime à travers nous, alors Il est capable de grandes œuvres ; Il sait nous utiliser pour étendre et faire avancer sa création et l'évolution de l'humanité vers son épanouissement. Mais il est impossible de décrire Dieu. Tout être qui s'y risquerait ne pourrait que le réduire à sa propre expérience, appréhension et existence limitée, aussi vaste et près de la vérité soient-elles. Dieu est ainsi appelé l'Inconnaissable, l'Ineffable. Mais chaque être humain peut en expérimenter une ou plusieurs facettes, en prenant contact de sa propre initiative, ou parce que de ses hauteurs cet Être absolu a daigné porter un regard sur nous. J'ai été moi-même amené à expérimenter différents aspects du Divin. J'en rendrai compte parfois, et j'ai livré de nombreux textes.

Mais aucune description ne peut être exhaustive, et elle restera toujours rattachée à son auteur. Bien plus important est de permettre à chacun de pouvoir atteindre cet Ineffable et vivre dans cette communion où l'amour et la grâce sont toujours renouvelés et infinis dans leurs formes d'expression. Alors la vie prend tout son sens, et l'on n'est plus jamais seul.

La question de Dieu est complexe. D'une part dans sa nature originelle, Il est hors de ce monde, hors de cette dimension. D'autre part, Il contient toute cette création à l'intérieur de Lui. De plus, Il est hors du temps et de l'espace, donc pas de distance en Lui. Il n'est ni un point ni un infini selon notre conception spatiale. Toutefois, toute forme d'appréhension de sa nature nous Le fait voir comme une dimension, un espace, un point ou un infini, justement parce que nous sommes des êtres temporels et spatiaux. Seulement cette perception est paradoxale : comment percevoir un espace dans ce qui n'en a pas ? En fait, ce qui est révélé est notre propre espace, qui devient infini à son contact. Notre propre temps, qui devient éternel.

D’autres auteurs ont cherché à appréhender ou définir l’Absolu, le plaçant ou l’identifiant parfois à la création elle-même, Lui attribuant son impureté ou ses limites, ou bien laissant entendre qu'en Dieu sont contenues des zones de dualités ou d'ombres en évolution, ou en phase de perfection. Et dans le jardin d'Éden n’y avait-il pas deux arbres, l'arbre de la vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? Pourquoi Dieu a-t-il permis cette expérience de la connaissance et de la dualité ? Mais ces visions telles qu'exprimées là restent très limitées.

Pour l’âme, Dieu est partout, et sa Lumière sous-tend toutes choses, mais dans sa dimension propre, celle que l’on a nommé de 4e dimension. Cela ne veut pas dire qu’elle pénètre le monde. En ce monde le Divin n'est pas en toute chose. Sa sphère propre est « ailleurs ». S’il est exact de dire que tout ce qui est réel dans ce monde est aussi Dieu, cette nature divine est tellement éloignée de sa nature originelle qu'elle n'en est en rien comparable. Elle a perdu tous ses attributs originels, donc dans une nature limitée, temporelle dans la forme, remplie d'inconscience et d'obscurité, livrée à des lois automatisées. Dit autrement, tout ce qu'il y a de réel dans la création vient de Dieu, donc est Dieu, mais sous quel état ?! Un état tellement éloigné de l'état originel, que le présenter comme étant le Divin serait un mensonge intellectuel. Seule la vie à travers son expansion échappe à cette limite. Et seul celui qui a réalisé le Divin en son âme peut voir le Divin là où Il est dans la manifestation. Le Divin, ni ne contient, ni ne pénètre l'univers humain, ou si peu. Cela est encore en devenir.

Pourquoi cette forme « involuée » de la nature divine ? Parce que Dieu a fait la création à partir de Lui-même en y intégrant sa propre absence. Un tour de force paradoxal qui a créé la forme et la limite grâce à la présence de l'incréé, du néant, un néant qui nous pose beaucoup de problèmes car il est aussi à l'origine de toute l'ignorance, la souffrance, l'obscurité, l'illusion qui caractérisent l'homme et l'absurdité existentielle des forces contraires, simple reflet de la limite et du néant présents dans l'univers.

Si l'on doit parler de dualité du monde réel, elle n'est que là : Dieu/néant, et Dieu en est bien l'instigateur. Toute autre forme de dualité en est un sous-produit. Si en tant que créatures nous sommes les victimes de ce fait, Dieu a aussi placé une âme en nous, faite de sa nature originelle, et grâce à cela nous pouvons aussi transcender cette dualité. A cause de cela, de cette présence animique, Dieu s'est lié à nous et Il n'aura de cesse de permettre à l'homme de se transcender lui-même. Dans cette transcendance, l'homme conservera en lui sa nature de créature limitée, mais une limite qui aura su être organisée de manière à servir de pont entre la nature originelle et le néant total, cela afin de faire descendre cette nature originelle dans la création elle-même. En finalité toute la création sera rehaussée dans la nature divine pure, elle conservera une forme et un temps mais qui seront totalement illuminés, c'est-à-dire qu'il n'y aura plus de place pour l'obscurité, le néant, le vide total contraire à l'Être. D'une certaine manière tout le meilleur sera conservé et le pire aura disparu. Ce sera le premier sommet de l'évolution dans la perfection totale, là où tout le réel aura été extrait du faux. J'ignore ce que sera l'évolution de cette création au-delà car les lois seront différentes. Je sais simplement que cela ne s'arrêtera pas là.

De cette évolution en cours est né le monde rebelle, dont l'entité Lucifer est, sur un plan cosmique, l'instigateur. Mais l'existence du monde rebelle n'est qu'un accident dans ce plan, un risque qui a pris forme et qui sera résolu comme tous les autres produits du mensonge issus du chaos. Ce n'est qu'une anecdote dans le déroulement de l'évolution, peut-être pas la pire, et l’on ignore ce qui pourrait naître encore de l'obscurité dans l'avenir. Le choix de l'homme se porte simplement sur le fait de savoir s'il va nourrir ce qui procède de l'ombre, ou nourrir ce qui procède de la Lumière, c'est-à-dire participer à l'évolution totale, ou y résister. Dans cette perspective, l'arbre de la vie est l'arbre de la Parole, c'est-à-dire la Parole divine, celle que l'on retrouve en son Être lorsque Dieu lui parle. Et l'arbre de la connaissance du bien et du mal est devenu l'arbre du mensonge, c'est-à-dire l'arbre de la conscience illusoire et projective, qui souffle en notre esprit la pensée duelle et limitée. C'est la connaissance dans le sens commun du terme, la conscience non intégrée qui est projetée en permanence sur le monde et qui nous fait voir celui-ci en fonction de notre histoire et de nos conditionnements, sans même que nous nous en apercevions. Renoncer à l'arbre de la connaissance pour retrouver l'arbre de vie est tout un programme et, en vérité, tout le travail de retour vers Dieu. Renoncer à l'arbre de la connaissance, c'est renoncer au pouvoir, à la domination, au contrôle des choses et de l'autre, à la manipulation consciente et inconsciente, à l'orgueil, tout ce dont se nourrit Lucifer ou les autres esprits du même acabit, et que ces entités exaltent. Renoncer à l'arbre de la connaissance, c'est renoncer au savoir pour la simplicité, l'innocence, l'humilité, la soumission à l'Absolu, conditions nécessaires pour que Dieu entre en nous et reconstruise l'arbre de vie. Alors l'arbre de vie nourrira toute l'humanité, nous en constituerons chacun une branche et un fruit où tous pourront se nourrir et où la vie pourra grandir. Comprendre tout cela a son importance.

Donc, la création du monde physique est l'œuvre de Dieu. Mais pour que le monde physique se maintienne, Dieu a dû s'en rendre absent. Toutefois, de ses hauteurs, il continue à créer et à faire évoluer cet univers, notamment à travers la vie, pour une fusion finale du temporel et de l'intemporel, du manifesté et du non-manifesté. A ce titre, l'homme a un grand rôle à jouer et s'il doit s'occuper tout d'abord de lui-même et de la Terre, il sera amené également à s'occuper du reste de l'univers et des civilisations qui s'y trouvent.

Si l'absence de Dieu dans la création a laissé une place dont ont profité les forces contraires pour leur développement, celles-ci ne sont toutefois pas de nature matérielle. Mais à travers le vivant et notamment l'homme, elles peuvent établir un pouvoir sur la matière et les forces qui composent cet univers. C'est là, purement et simplement, un détournement de la vie et de l'évolution. Ce monde porte donc cette empreinte, ce que Dieu Lui-même nomme l’univers « rebelle », de manière beaucoup plus visible que l'empreinte du Créateur, Lui-même restant en arrière-plan à travers les lois qu'Il a inscrites dans la matière. La plupart des écoles gnostiques semblent avoir été prises dans l'apparence du démiurge et des pouvoirs qu'il a établis sur le monde. Mais ce démiurge n'est là aussi qu'une duperie du monde rebelle. Et si l'on cesse de regarder cet aspect-là des choses, et que l'on ne regarde plus que l'œuvre divine, la création apparaît d'une beauté époustouflante à travers laquelle peut se refléter notre âme.

Mais il ne faut pas se contenter de construire un système de compréhension intellectuel sans se donner aussi la possibilité d'expérimenter. Pour cela j'encourage toujours toute approche qui permette d'expérimenter la nature divine, sachant que de toute manière, cette expérimentation, aussi profonde soit-elle, sera toujours relative. Car aucune approche de l'Ineffable ne peut nous permettre de l’appréhender dans sa globalité. Si ce n'était le cas, cela voudrait dire alors qu'Il est limité. Ce que je veux dire c'est qu'une approche quelconque, même considérée comme complète, possède forcément une limite, et un Dieu circonscrit dans une limite ne pourrait être l'Ineffable dans sa totalité, mais seulement une partie. Gardons cela à l'esprit, aucun ne peut rendre compte de la totalité, ni moi, ni même aucun des plus grands sages, tout ce que nous pouvons faire, c'est L'approcher. Et dans cette approche nous allons différencier le manifesté et le non-manifesté. La limite entre les deux est bien définie et constitue celle qui existe entre ce qui est créé et ce qui est Le Créateur.

Le Créateur présente une constante à tous les niveaux de Lui-même, et en même temps des variantes en sa propre nature, cela étant à la fois relatif à cette nature et au sujet qui appréhende celle-ci. De par ce fait, tous ceux qui prennent contact avec Lui rendront compte d'un certain nombre de constantes, mais aussi de différences.

Le manifesté, lui, comprend tout l'univers et la création dans laquelle nous sommes, mais aussi toutes les dimensions plus ou moins subtiles, plans, etc… qui lui sont rattachés. Bien que dans le non-manifesté on trouve également des mondes, des plans, des dimensions diverses, celles-ci font partie en substance de la nature même de l'Absolu. Elles échappent à toutes les lois que nous connaissons de la manifestation.

Et puis, il existe des domaines d'intersection, étant liés à la fois au manifesté et au non manifesté. Comme on peut le voir tout ceci reflète une certaine complexité. Sur un plan humain nous retrouvons l'expression de ces différents aspects dans le microcosme individuel, celui-ci étant à l'image du macrocosme, tout en intégrant dans l'individualité elle-même un élément absolu purement transcendant. Mais la sphère même de l'Absolu est au-delà du microcosme et du macrocosme, des états psychologiques, de tout ce que nous connaissons, et même de la création. Mais prisonnière du microcosme est la particule divine.

J’utilise parfois le terme de « substance » lorsque je parle de la nature divine. Mais en sa nature propre le Divin est plus qu'une substance, la substance n'en est que l'effet palpable que l'on goûte au travers de l'une de ses expressions. Chacun de ses modes d'expression est un processus de développement de Lui-même dans une lumière, une intelligence, une créativité, un parfum, une force d'amour, etc… qui sont inhérents aux plans de l'Absolu d'où le processus tire sa source. Il faut préciser aussi que le Divin répond à l'Être en nous parce que l'Être en nous, répond au Divin.

Il n'y a pas de lien direct entre le Divin ou la nature de l'Être et le mental, qui font partie de modes d'expressions de deux domaines différents. Nous avons déjà exprimé que toutes tentatives de description ou de rationalisation de la nature de l'Être, du Divin, de l'Absolu resteront forcement réductrices, et il ne peut y avoir d'évolution du mental vers le Divin. Il faut le voir plutôt comme une mutation.

Par exemple dans l'expression supramentale le pouvoir vient d'en haut, pas d'en bas, l'homme ne monte pas, c'est le Divin qui descend, même s’Il finit par le faire monter aussi. Ainsi le pouvoir englobera même les êtres dénués de sphère mentale ou surmentale s'ils le permettent. Nous parlerons un peu plus dans le chapitre suivant de ce qu’est le Supramental.

Ou bien pour ce qui est de l'expression divine passant par le processus de la kundalini, si ce processus est ascendant, celui-ci ne fait que traverser la sphère mentale, brisant au passage quelques nœuds de cristallisation pour plonger ensuite dans la sphère divine. Le pouvoir de la kundalini et son développement sont un vieil héritage des acquis spirituels de l'humanité passée, mais parfaitement intégrés dans les processus actuels. Nous parlons ici uniquement des formes de la kundalini dont la nature est divine.

Quelle que soit la substance/force de l'Être que nous pouvons vivre au travers d'un processus d'expression divine, celle-ci est déjà une extériorisation du Divin dans le manifesté.

On peut se poser la question sur les attributs de Dieu : la liberté par exemple. Elle n'a pas de sens en Dieu où tout est tellement unitaire, fondu, immuable. La liberté de quoi ? Et par rapport à quoi ? Dieu est au-delà de la liberté, Il est Le Libre par excellence. Il est au-delà de l'amour car Il est l'Aimant, etc… Une chose m'étonnera toujours aussi, car lorsque l'on plonge dans la source la plus absolue, au sommet de tous les processus divins et que l’on s’y fond, on retrouve toujours le même parfum indifférencié du Suprême, c'est-à-dire sans différentiation entre un processus ou un autre. Pourtant, à chaque fois, de la source absolue, ce parfum unique engendre un processus créateur différent, ainsi je L'ai souvent vu créer à partir de rien, de Lui-même, quelque chose.

La différence entre la nature de l'Être dans l'âme personnelle et la nature de l'Être du Divin Lui-même est que le Divin n'a pas de forme. Mais Il peut se manifester de manière personnelle et individualisée s'Il le souhaite, car Il porte en Lui le Un. Et s'Il prend une forme, elle n'est qu'apparente car elle reste liée à la totalité de l'Absolu, elle n'en est qu'un prolongement. Même le Christ dans l'homme n'est qu'un prolongement du Dieu total et sans limite.

Ainsi, que la forme soit christique, supramentale, bouddhique (c'est-à-dire dans une forme divine qui caractérise l'essence même de l'éveil), qualifiée de Sat-Chit-Ananda ou autre, c'est toujours le même Absolu qui existe pour lui-même dans une unité fondamentalement omni-consciente et omnipotente, directrice, créatrice, aimante, libre et individuelle, c'est bien le sens du mot « Un ». Un Être qui peut présenter une infinité de manifestations mais qui dans celles-ci reste un tout fondamental sans distance ni séparation de chaque partie de Lui avec Lui-même, présent éternellement à sa propre présence en tout point de Lui-même et constituant son propre tout, en dehors duquel rien n'existe et est totalement seul, « Un » et indivisible en sa propre essence, n'est-ce pas le sens absolu du mot Individuel ? Ainsi l'individualité est bien un attribut de Dieu, et on retrouve celle-ci dans l'expression de l'Intelligence et de la Vérité lorsqu'elles s'expriment à travers n'importe quel esprit humain. Pour que cette individualité disparaisse dans l'homme, il faudrait que tous les éléments qui nous composent se fondent dans le tout, corps, âme et esprit. Les faits révèlent que cela n'arrive pas, même chez ceux qui en ont parlé. J'en témoigne : Sakyamuni, Jésus, Vallalar, Ramana Maharshi, Kalu Rimpoché, Jiddu Krishnamurti, Sri Aurobindo ou La Mère… On pourra s’étonner d’une telle énumération, mais dans le Ciel rien n’est séparé et l’on peut aisément retrouver un Être pour qui l’on connaît déjà une vibration. La spiritualité est universelle, c’est l’homme qui la morcelle créant les dogmes et les religions. Ceux-là et d’autres moins connus je les ai croisés au gré de mes voyages après qu’ils aient quitté cette Terre, là où ils ont bien voulu se montrer et tous conservent une forme d’individualité. On entend dire parfois que plus on rentre dans une transcendance, fut-elle la plus absolue, ou éternelle par rapport à quoi que ce soit de manifesté, de phénoménal, et moins l'individualité a de sens. Mais cela n'est vrai que dans le sens restrictif du terme, si l'on considère l'individualité humaine qui manifeste la forme et l’histoire, celle qui est projective, tout simplement l'identité arbitraire. Car c'est exactement l'inverse qu'il se passe. Mais tout en étant individuel, l'Absolu est aussi le Tout, l'Étalé, là où l'Alpha et l'Oméga se rejoignent, là où les extrêmes ne font qu'un, le lieu de tous les paradoxes.

Lorsque Dieu parle à notre individualité humaine, au plus profond de notre intimité, c'est individuellement qu'Il s'adresse à nous. Il peut apparaître comme une entité propre mais qui n'a pas de corps, qui est Être pur. Et en même temps, Il révèle sa Majesté qui est d'être au-delà de toute forme, tout concept, toute limite. On ne peut l'enfermer dans un schéma. Au moment où on croit Le saisir Il se révèle encore plus profond, plus au-delà que tout ce que l'on a pu croire. C'est chaque fois un vertige que la conscience humaine ne peut appréhender, mais que l'âme comprend alors dans la reconnaissance de sa propre nature, car cela nous construit alors. Mais les mots sont bien faibles pour en témoigner.

Imaginez. Je me rappelle cet exercice mental que l'on utilisait pour se représenter les dimensions de l'univers. Si le soleil est une orange, la Terre est une tête d'épingle située à plusieurs mètres, etc… Vous connaissez ?

Maintenant imaginez un univers infiniment vaste, bien qu'il ait une limite. Et bien tout cet univers n'est qu'une particule infiniment petite, perdue dans la substance de Dieu. Et dans cette infinie grandeur je n'en ai pas trouvé d'autre, d'univers physique j'entends. Mais cette infinie grandeur n'est rien face à une grandeur encore plus vaste, etc… J'ignore si la création physique est unique en son genre. La dimension divine est tellement plus vaste et plus riche que cet univers, que l'on se demande quel intérêt Dieu pourrait avoir pour lui et pourquoi Il a fait cela. Pourtant, il y porte autant d'attention et d'intérêt qu'en ses autres demeures. J'ai approché toutes sortes de dimensions de l'Absolu ; et même un domaine de l'Absolu de pure êtreté où l’amour infini naît d’une enstase de Dieu en Lui-même, ou d'autres choses encore au-delà, en deçà, etc… Et là comme ailleurs, dans toutes les dimensions divines, la Parole divine semble surgir de partout et de nulle part comme s'il s'agissait de son propre centre, mais Dieu n'a pas de centre bien sûr, Il est partout, dans tous les aspects de sa nature. Et chaque fois qu'on le regarde en face, Il nous révèle une de ses merveilles qualitatives.

On me demande parfois si le Suprême dans son Essence n'est pas impersonnel ou suprapersonnel. Suprapersonnel, j'aime bien ce mot, c'est bien cela, et personnel en même temps. S'Il a pu créer la forme, c'est bien parce qu'Il porte aussi cette capacité créatrice-là. Ses attributs sont multiples, Il est le Tout. C'est notre vision limitée qui nous empêche de voir ses différents aspects de manière unitaire. Mais si vous unifiez en vous le personnel et l'impersonnel, dans l'âme, vous pourrez peut-être en appréhender le sens. L'Être transcendant et l'Être manifesté immanent sont Un. Mais ils n'occupent tout simplement pas le même domaine, le dernier étant l'émergence du premier dans la manifestation. Dieu m'a montré comment il faisait pour créer la matière, la lumière, les mondes, les différentes parties de Lui dans l'univers, dans les trous noirs, et dans le cœur de l'homme, les anges. Tout cela je l’ai vu, tout le grand dessein divin de l'univers, et notre place dans celui-ci.

En tant que Créateur, Il pourrait tout faire, même dissoudre en cet instant cet univers, ou choisir une autre créature que l'homme pour Le manifester, etc… Alors, personnel ou impersonnel, Il porte tous les états. Et si l'individualité qui nous caractérise est un don divin, car sans elle aussi il ne pourrait y avoir de liberté, il ne pourrait y avoir non plus d'amour, de créativité ni d'expression divine. Dieu n'a pas de centre et se trouve au-delà de l'espace et du temps, et en même temps imaginez l'énergie qu'Il doit contenir pour avoir pu créer cet univers. Ce devrait donc être bien peu de choses pour Lui de se manifester d'une manière ou d'une autre. On peut alors se demander pourquoi Il ne le fait pas plus souvent, notamment dans l'homme qui lui sert de lien. Mais il y a des raisons à cela.

Le but de cette création est de la fondre un jour dans le Suprême sans qu'elle perde sa beauté existentielle. L'univers lui-même rentrera dans l'éternité. Qu'est-ce qu'il sera alors et que seront ses lois ? Je l'ignore.

Le sens de la vie n'est pas un éternel recommencement. Le sens de la vie est la vie elle-même, elle est l'essence même du Seigneur qui insuffle celle-ci à tous les niveaux de la création, chaque fois qu'Il s'y introduit d'une manière ou d'une autre, car la vie est Lui-même. L'orgueil de l'homme se l'approprie, mais notre vie, celle que nous portons en notre chair et notre âme n'est pas séparée de Lui. La vie est un lent processus d'évolution de la matière inerte vers sa source créatrice, qui est l'organisation du chaos, de l'incréé, par Le Créateur, vers une perfection où les deux seront parfaitement modelés l'un sur l'autre, comme le pot qui est modelé autour de son propre vide, afin que sa fonctionnalité soit parfaite. Ce qui revient à nous poser la question de la fonctionnalité de la création, donc de la vie qui l'habite. On ne peut répondre à cette question que si l'on sort de sa petite vie personnelle, pour voir la vie et l'évolution dans son ensemble, aussi loin que nous le permet notre nature, c'est-à-dire par le regard de Dieu Lui-même. La création apparaît alors comme faisant partie du processus d'évolution du Créateur Lui-même, car même s’Il est immuable en sa nature, Dieu n'est pas statique comme certaines traditions veulent nous le faire croire mais profondément évolutif. Il porte l'évolution en Lui-même et à ce titre, Il est dans sa nature de créer, dans l'inconnu permanent, l'amour et la vie. Rien ne se crée hors de Lui-même. Mais la transformation, vue de notre regard, se fait dans la forme.

Ce qui est au-delà du temps et de l'espace, même s'il porte une forme dynamique et évolutive, demeure en permanence dans la stabilité et le silence de l'Innommable. Ce n'est d'ailleurs pas la même forme et dynamique que celle que l'on rencontre dans la création, inutile donc de chercher à se la représenter, car ses lois en sont différentes. Mais Dieu a sa propre profondeur, et qui dit profondeur dit changement, une profondeur tellement inimaginable que la création toute entière n'apparaît plus que comme une particule infinitésimale. Cela a de quoi donner le vertige. Mais à la dimension de Dieu nul problème, et les dimensions sont tout à fait relatives, l'esprit peut devenir aussi vaste que cela, aussi profond que Dieu, ou aussi infinitésimal qu'une particule. Celui qui rompt la séparation d'avec l'Absolu devient celui-ci. Le reste de l'individualité reconnaissant sa propre origine se soumet, mais non pas la soumission qui se laisse dominer, mais celle qui s'abandonne au Souffle parce que ce Souffle-là est l'essence de Soi. Et sans ce Souffle nous devenons mortels, l'autre penchant de la vie qui n'est en fait que l'absence de vie, l'ignorance de notre nature.

Si vous envisagez la finalité divine, l'union du Créateur avec sa création, ceci n'est pas pour demain, et d'ici là l'univers entier aura évolué vers quelque chose que l'on ne peut imaginer encore. Mais ce n'est pas un pralaya tel que l'hindouisme nous le présente, cette vision est là aussi conditionnée par le monde rebelle qui présente les choses ainsi car cela sert ses desseins. En quoi la notion de pralaya sert les desseins du monde rebelle ? Parce que c'est un mensonge par rapport à l'Absolu Lui-même. Toutefois le monde rebelle sera dissout, et si le pralaya se réfère à cela ce n'est qu'un demi-mensonge, mais le monde réel sera sublimé dans le Divin. Ainsi, le devenir que présente le monde rebelle n'est pas celui du monde réel qui est la création divine. Dieu est Le Seul Vrai Existant, et tout ce qui est réel vient de Lui.

Dieu me montra cela ainsi, et je le relate plus en détails dans certains textes. Il crée une dimension, ici notre univers, à partir de sa propre absence, puis s'y rend présent, d'abord à travers une créature, ici l'homme, dont le devenir est de faire le lien entre cette dimension et le Divin. Puis le Divin s'installe petit à petit dans sa création tout en lui conservant sa forme et sa particularité, tout en la perfectionnant. Et lorsque la fonctionnalité de sa création est complète, que l'unité est totale, Il la sublime en Lui-même, elle devient une dimension divine. Là est la destinée de notre création. Si vous réalisez votre propre éternité, vous serez toujours là pour le voir, et vous participerez entièrement de cet événement. D'ici là, tout ce qui se trouve d’intermédiaire entre le monde physique et le monde divin, et qui n'est que le produit de la séparation entre Dieu et sa création, tout cela aura disparu.

 Jean-Michel Jutge

samedi 6 mai 2017

Esprit et identification



Lorsque l’esprit n’est identifié à rien, ni à soi, ni à l’autre, ni à quoi que ce soit de l’existence, que se passent-il ? Il ne s’attache à rien. Mais il reste pleinement sensible. 

Et rien en lui-même ne bloque son énergie, il est alors sensible à sa propre lumière, son propre mouvement. Dans cette perception ses actes sont libres, ses choix dirigés par l’amour, l’intelligence, la créativité ou la nécessité du moment. Qui plus est, il demeure en méditation, comme une flamme en son sein qui brûle sans s’éteindre et éclaire l’existence qui le traverse. 

Si la pensée est là, elle l’est sans identification, comme un rappel de l’expérience pour plus de créativité, mais l’esprit ne confond plus l’image et le réel. Il vit dans l’instant, comme il l’a toujours vécu, car c’est sa seule réalité. Mais ne s’identifiant plus à la mémoire et aux souvenirs il ne s’identifie plus non plus à la représentation du temps. Seul l’instant est perçu comme réel. Mais l’instant peut aussi révéler d’autres réalités que celles qui passent par les sens corporels. Le réel pour l’esprit possède sa propre profondeur, dans un inconnu permanent. La créativité s’exprime sur cet inconnu. Elle est génératrice d’énergie.

Comme on peut le voir, l’esprit vécu ainsi est toujours plein et en mouvement. Et même s’il est vide de tout mouvement, dans les profondeurs de la méditation, même ce silence et cette immobilité demeurent pleins.

Pour revenir sur la question, si vous observez bien, ce qui encombre l’esprit n’est jamais la totalité de soi. C’est quelque chose qui est dans un mouvement, qui apparaît et disparaît pour venir être remplacé par autre chose. Ainsi se succèdent en l’esprit tous les aspects et mouvement du moi, mais jamais tous en même temps, cela tourne de manière cyclique. En fait cela remonte du subconscient pour effleurer la surface sensible de l’esprit et replonger dans le subconscient, au gré de divers sollicitations. 

C’est un mouvement réflexe contre lequel nous ne pouvons pas grand-chose, et tous nos efforts pour le contenir ne font que le refouler et créer d’autres problèmes ailleurs. Mieux vaut alors laisser la pensée, et ses émotions sous-jacentes, libres de s’exprimer en l’esprit, mais nous pouvons apprendre à y être pleinement sensible, afin de les écouter, les comprendre, et se comprendre soi-même. Cette compréhension libère l’esprit, dans le sens que tout ce qui est vu entièrement ne montera plus à lui et ne viendra plus l’encombrer.

Cette approche telle que décrite ici n’est pas exhaustive, il en existe d’autres.

Jean-Michel Jutge

mercredi 1 mars 2017

Corps et Lumière



D’un point de vue absolu notre corps est maladif, limité, opaque, et incapable d’accepter la Lumière divine. Mais curieusement cela ne vient pas totalement du corps mais bien plus de la personne qui l’habite. 

J’ai connu des personnes handicapées, parfois dans une paralysie totale ou le corps n’était que souffrance. Mais capable de recevoir l’énergie ou la Lumière dans une grande ouverture. Et que dire de ceux qui se trouvent en fin de vie, et parce qu’ils lâchent, malgré la souffrance du corps, sont capables de recevoir la Lumière divine avec presque autant de réceptivité qu’un nouveau-né !

Car nous ne sommes pas qu’un corps. Nous avons aussi un esprit, et une âme, qui existent chacun sur leur propre dimension et cela est indépendant du corps.

Alors, malgré toutes les difficultés que l’on peut rencontrer au niveau du corps, de la maladie, de nos énergies bloquées, d’une psyché opaque et rebelle, nous pouvons agir sur un plan absolu et inconditionnel. Les clefs sont ici celles de l’ouverture et l’abandon de soi.

Mais il est tout aussi nécessaire d’intervenir sur les autres plans, travailler à la santé du corps, son équilibre et son hygiène, celle de nos énergies et forces vitales, et sur le plan de l’esprit et de la conscience, dans la mesure de ce qui est possible, mais sans cesser d’aller en ce sens. Cela afin d’optimiser notre condition au développement intérieur qui ne concerne pas seulement l’âme mais aussi tous les autres aspects de soi.

Jean-Michel Jutge

mercredi 11 janvier 2017

L' Amour


L’amour est essentiel dans la relation humaine, il en est le lien. Sans ce lien il n’y a pas de relation. Mais il ne s’agit pas ici de cet amour sentimental après lequel beaucoup courent, qui n'est que sensualité du cœur, bien qu'il peut avoir aussi sa part dans la vie. L’amour dont on parle est celui qui nous fait vivre l'autre comme soi-même, nous rend concerné par sa misère et sa prison, nous met en relation avec sa beauté, et nous sort totalement de l'égoïsme, solidaire de toute l'humanité. 

Il nous arrive de vivre cet amour, à de rares moments, lorsque nous sommes en unité avec l’autre, ou en unité avec la beauté de l’existence. Et lorsque cette unité disparaît nous prenons conscience de ce qu’elle a été, par contraste, il n’en reste plus qu’un parfum qui finit par s’étioler. Alors nous vivons de sentiments. Les sentiments sont à l’image de l’amour, mais comme tous les éléments du moi ils ne sont qu’un reflet du réel. Pour vivre le réel, nous devons sortir de l’image.

L’égoïsme c’est lorsque l’image a pris tellement d’importance qu’elle devient l’autorité. L’ego n’est rien d’autre que l’autorité de soi, celle qu’on s’impose et qu’on impose aux autres, légitimement et de manière totalement justifiée, sans se rendre compte que quoi que l’on fasse nous sommes toujours au centre. C’est cela la séparation. Tant qu’il y a un centre qui vit les choses, il y a séparation, il n’y a pas d’unité, donc pas d’amour, l’amour étant aussi la flamme qui naît de l’unité, de la communion et qui brûle sans que nous nous y attachions.

Mais la flamme ne brûle jamais autant que lorsqu'il y a unité entre deux êtres. Nous devenons alors l’autre, et si cette unité a lieu avec Dieu, nous devenons alors Dieu, le vivant dans notre propre âme. L’amour entre les hommes est à l’image de ce que peut être l’amour avec Dieu. L’âme est toujours concernée. Et si nous sommes capables de cela, c’est bien grâce à sa présence.

Tout se résout donc dans le moi. Jusqu'à ce que nous sortions du temps, et qu’il n’y ait plus de temps entre l’action, la création du soi, et son intégration. Ce qui constitue le mécanisme de mort intérieure sans lequel il ne peut y avoir de renouvellement.

Jean-Michel Jutge

samedi 19 novembre 2016

Esprit et méditation



Nous pouvons nous retrouver parfois dans une situation où rien n’habite l’esprit. Il se trouve alors dans la disponibilité, en méditation avec lui-même, dans un silence plein, ou en méditation avec le réel... Nous avons peut-être déjà vécu cela, dans de brefs instants de vie où la magie de l’existence était là. 

Si l’esprit n’a pas cette liberté, c’est qu’il reste identifié à la pensée, l’autorité, ou l’image de soi, tous issus du passé. Mais cette identification peut être rompue à n’importe quel instant. Si l’esprit n’est plus identifié, il peut néanmoins se retourner vers le soi, son expérience, son passé. Mais il s’y tournera dans la méditation, sans s’identifier. Le soi sera vu pour ce qu’il est par l’esprit, mais il n’y aura personne qui voit, il y a juste perception du soi, ses structures, mouvements. 

Ce qui entraine une dissolution du soi, qui est une forme d’intégration dans l’intelligence. Le passé disparaît au fur et à mesure qu’il est vu. Mais ce passé comme il n’est plus délimité par l’identification, débouche vite sur toute la conscience et l’expérience de l’humanité, au-delà de la personne, et à plus ou moins long terme de la nature, de l’univers, de la Création visible et invisible etc..

Jean-Michel Jutge

mardi 26 juillet 2016

Identification au soi


Si nous étions tous reliés par l’amour et par nos âmes, il n’y aurait plus de problème en ce monde, et chacun vivrait l’autre en lui-même. L’existence serait une joie immense pour tout le monde, on voit très bien qu’on en est loin.

Pour ce qui est de la conscience, elle porte effectivement tout ce que l’humanité a pu produire, du saint au criminel. Et lorsqu’on quitte l’identification au soi et qu’on plonge dans cette conscience, on peut tout y rencontrer, tout ce que le monde, l’humanité et l’histoire ont pu produire. 

Car il n’y a qu’une seule conscience pour toute l’humanité, pour la nature, pour la création, bien qu’elle forme toutes sortes d’égrégores auxquels nous pouvons nous rattacher et qui constituent aussi l’histoire du monde. Par exemple si je me dis français et que je suis patriote, je fais le choix de me rattacher à cet égrégore en particulier et de me laisser alimenter par lui avec toutes les consciences qu’il véhicule auxquelles j’adhère ou non dans ma liberté. 

Cela fonctionne de la même manière pour le criminel qui s’appuie sur une idéologie pour justifier son crime, et que celle-ci soit politique, religieuse, nationaliste ou autre il s’agit toujours d’une identification. Donc effectivement nous portons tout en potentiel, mais nous avons la liberté d’accepter ou de rejeter ce à quoi l’on peut s’identifier, donc de laisser rentrer ou non une conscience, une idéologie, une pensée, un système etc. auquel nous pouvons nous identifier. Ceci est la manière dont fonctionne l’identité et la conscience, car ce dont je parlais précédemment, l’amour et l’unité des âmes, est autre chose et fait partie de l’humain.  

S’ouvrir au monde, c’est s’ouvrir à l’humain, au réel, il ne s’agit pas alors d’adhérer ou de s’identifier à quoi que ce soit ou qui que ce soit. Malheureusement on confond trop souvent l’humain, et le fait que cet humain s’identifie à un système corrompu. Le problème n’est pas l’humain mais bien l’identification. Si l’on veut régler le problème de la violence en ce monde, et beaucoup d’autres encore, cela ne peut se faire qu’en modifiant cette nature, il n’y a pas d’alternative. Et on ne peut commencer que par soi. 

Jean-Michel Jutge

mardi 12 janvier 2016

L'amour est cette flamme



Il y a un lien entre la mort intérieure, l’amour, et le temps. Pour comprendre ce lien, il est nécessaire de comprendre comment se construit le moi, et quel est le mécanisme inverse, sa dissolution. Le moi ou le soi c’est la même chose. Comprendre, dans le sens utilisé, n’est pas un acte intellectuel, sinon nous ne faisons que construire. C’est une perception de l’intelligence.

Construire est un mécanisme naturel de la prise de conscience et de l’apprentissage. Dissoudre c’est intégrer, et intégrer c’est vivre dans l’intelligence, la supraconscience, la lucidité. Les deux mécanismes ne sont pas complémentaires, ils sont distincts et doivent fonctionner de concert, car être intégré c’est être adulte. Une conscience non intégrée existe sous l’aspect du moi et reste donc infantile, avec toutes les souffrances et illusions que cela entraine. Lorsqu’on a compris les deux mécanismes, et qu’il n’y a plus de temps entre la création du moi, la prise de conscience, et son intégration, alors il y a l’amour.

 L’amour est cette flamme, ce feu qui nait de la combustion du moi, hors du temps, car chaque nouvel évènement, celui de notre existence perpétuelle, n’a plus le temps de construire le moi, et passe directement dans la nature supraconsciente de soi, de l’âme ou de l’intelligence. Comprendre donc la nature du temps, du temps intérieur j’entends, est donc nécessaire pour que cet amour naisse. Et il est la seule réponse intelligente à la souffrance du moi. Voilà le sens de cette phrase. Mais je ne sais pas si je m’exprime clairement.

Jean-Michel Jutge