dimanche 26 février 2012

Un don sacré


On me traite d'avâtar, de jivan mukta, de maître, d'éveillé ... Mais je ne me suis jamais senti différent des autres, et j'ai eu ma part d'égoïsme et de bêtise, j'essaie de m'améliorer chaque instant. Et je suis convaincu que si certains mettaient la même passion qu'ils mettent dans le football ou la politique, à se trouver, et bien ils en vivraient au moins autant que moi.

En vérité, vous êtes autant que moi ce divin-là, et je le vois en tous. La vie est un joyau, un don sacré, et nous la gaspillons sans même nous en rendre compte, artisans de notre malheur. Nous en mourons tous, là est la terrible réalité.

Quand est-ce que l'homme ouvrira les yeux, sur lui-même et sa destinée, au lieu de rester rivé sur une vision anthropomorphique de sa seule petite personne ou de son clan. L'homme est grand, chacun, vous, moi, sa vocation est l'éternité, son domaine l'univers entier, et regardez ce que nous avons fait, certains ne se comportent pas mieux que des bêtes sauvages ou des végétaux amorphes.

Je dis cela sans animosité, car j'aime l'humain bien plus que moi-même. Je dis cela parce que c'est un fait, et que nous avons l'orgueil de revendiquer haut et fort cet état de fait, de le défendre même. Mais nous vallons mieux que ça, oui, bien mieux que ça ! Votre essence profonde est divine, je vous l'affirme. Trouvez la !

jean-Michel Jutge

dimanche 29 janvier 2012

Les émotions


On place beaucoup de choses sous le terme de « émotions » aussi bien les émotions du système vital comme celle de la peur, que les sentiments, ou l'amour qui est parfois vécu comme une émotion...

Ce que j'appelle émotions pures sont celles qui découlent naturellement d'un équilibre des différents systèmes, physique, énergétique, psychologique et spirituel, le plus exacte serait de dire « animique » pour ce dernier système.

Lorsque nous sommes naturellement ouverts, détendus, dans une situation d'abandon de soi et de créativité, l'énergie atteint son point d'équilibre, l'arrière-plan de l'être passe en avant plan, les émotions deviennent pures, c'est-à-dire qu'elles reflètent cet équilibre et ce qu'il y a de plus profond en soi.

Mais les émotions c'est aussi de l'énergie. Et en tant qu'énergie celle-ci peut toujours fonctionner soit de manière ouverte, juste et équilibrée, soit de manière fermée, cristallisée ou altérée. Par exemple sais-ton que l'amour et la tristesse ont la même source ? Sauf que dans le premier cas cette source se manifeste de manière libre, dans le deuxième cas l'expression est bloqué, et l'amour qui ne peut s'exprimer devient de la tristesse.

Un autre exemple, la joie et la peur qui ont aussi la même origine. Je pourrais multiplier les exemples. Vivre dans la pureté émotionnelle nécessite de se libérer de tous les conditionnements dont nous avons hérités, et qui nous empoisonnent la vie parfois sans que l'on s'en rende compte. Mais l'émotion n'est qu'un effet, pas une cause, et aussi pures et agréables soient les émotions lorsque nous vivons dans les bonheurs les plus extrêmes, il est nécessaire de ne jamais s'y attacher, sous peine de vivre prisonnier d'elles, ce qui appelle inévitablement la souffrance.

Jean-Michel Jutge

dimanche 8 janvier 2012

L'activité mentale

L'activité mentale est un effet, non une cause. Elle est le reflet d'un manque d'intégration de soi, du désordre intérieur, de la surcharge affective, ou de la surcharge du passé, celui qui n'a pas été résolu. Mais rassurons-nous, il n’y a rien d’exceptionnel à cela, c'est une caractéristique de la nature humaine.

Pour que l'esprit devienne sensible aux énergies, il est souvent nécessaire qu'il devienne transparent donc que la surcharge soit en partie réglée. Mais pas seulement, et ce n'est pas forcément une nécessité. Il faut aussi que l'esprit puisse se développer dans une certaine direction, une croissance qui lui permettra de toucher aux dimensions subtiles. En quelque sorte il doit développer des sens qu'il n'a pas.

Il existe un outil très performant pour cela, ce sont les pranayamas. A la fois ils purifient l'esprit, et en même temps ils le poussent à ce développement.

Mais là aussi chaque chose vient en son temps. Il faut un temps à la croissance. Un enfant nourrirait abondamment son corps qu'il ne grandirait pas plus vite. Il y a donc un rythme en toute chose, et s'il est nécessaire de poser les actes pour que les choses se fassent, il est inutile d'être pressé quant au résultat, les corps subtils eux aussi ont leur propre rythme de croissance.

Jean-Michel Jutge

mercredi 28 décembre 2011

Mantra de la Lumière

dimanche 11 décembre 2011

Le sens de l'existence

Les gourous, maîtres en tout genre, prophètes ou avatars n’ont pas changé ce monde. Si c’était le cas cela se verrait. Toutefois certains ont fait de grandes choses, on connait l’action de Sri Aurobindo et de La Mère, ou les exploits d’autres prophètes et avatars.

Mais la spiritualité du monde est encore en devenir, l’humanité divine reste à accomplir. Pour cela il faudra l’action de chacun, ce n’est pas un homme seul qui pourra changer les choses, mais la réponse de l’humanité aux sollicitations de l’absolu qui ne cesse de se manifester et de l’appeler à la transcendance depuis des milliers d’années. Croire que le passage d’un seul, aussi grand soit-il, suffira à faire basculer les choses est une utopie si le reste de l’humanité ne répond pas à l’appel Divin qui est éternel et universel.

Car il y a le fait des manifestations divines, et il y a ce que les hommes en font. La spiritualité ne se vit pas tel on ferait de la politique. La vérité ne s’impose pas comme un étendard pour marquer des points ou un territoire, ce qui la nierait. Beaucoup de religions ont fait cela, elles n’ont pas amené l’homme à se transcender. La spiritualité comme la vérité se révèlent au plus profond de notre être et nous rend libre des systèmes, des gourous et des querelles de clocher. Elles sont nourries par l’Intelligence divine et s’inscrivent au plus profond de notre cœur.

Néanmoins, si la plupart des individus ont une vision toute personnelle de la spiritualité, ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas, conditionnée par leurs références, croyances, parcours et expériences, il n’y a pas de jugement à avoir là-dessus. Cela découle de la nature même de nos structures, celles-là même qu’il est nécessaire de faire évoluer. Le reconnaître et en rendre compte réclame beaucoup d’ouverture, d’abandon de soi, d’humilité. Chacun ne peut partir que de ce qu’il est.

Et donc comprendre le sens de la vie de l'homme ne peut se faire sans la conscience de sa vraie nature et vocation. Et celle-ci doit se replacer dans un contexte global d'évolution, il ne sert à rien de chercher le sens de la vie d'un point de vue individuel. En effet, l'individu n'existe la plupart du temps que d'un point de vue personnel.

Il est tourné vers lui-même, ses propres désirs et besoins de sécurité, sa recherche de confort et de plaisir, sa lutte contre la maladie, la dégénérescence et la mort qui finissent immanquablement par le rattraper. Pas de réponse de ce côté-là, ce schéma, chacun le connait, et la recherche de bonheur que l'on applique sur lui et toute la respectabilité qui l'entoure ne sont qu'un artifice mensonger et illusoire visant à nous endormir. Cette réalité-là est terrible, pourtant nous y succombons bien trop souvent, et même la plupart s'en contenteraient si la vie ne venait nous rappeler, à sa manière, que ce n'est qu'une impasse. Quittons donc ce chemin pour voir s'il n'y a pas autre chose.

Les religions, la pensée humaine, les mystiques et la philosophie ont tenté de trouver une réponse. Le problème est que la plupart du temps tous ces systèmes se sont enfermés sur leurs idées, croyances et dogmatismes, ou même sur leurs réalisations. Non pas qu'ils n'aient pas apporté quelques semblants de réponses, mais l'homme de par sa nature a rarement su dépasser son anthropomorphisme, même après avoir pu toucher de près la vérité. On voit jusqu'où l'absurdité et l'horreur de cela nous mène lorsqu'on en arrive à la violence jusqu'à tuer au nom même de Dieu.

Pourtant parmi tous ceux qui se sont lancé dans cette recherche certains ont pu toucher des sommets d'illumination, d'amour, de vérité. Mais force de constater que l'humanité dans son ensemble est toujours aussi barbare, les guerres, les moyens de destruction, les famines et la maladie, le manque de partage et d'entraide font toujours partie de notre monde.

Toutefois il semblerait qu'un mouvement planétaire émergeant tend à faire évoluer les choses. Les peuples prennent de plus en plus conscience de leur interconnexion et une conscience planétaire se développe, certainement aussi en partie parce que les distances sont abolies, par les transports et les idées qui peuvent faire le tour du monde très rapidement. Pour exemple ce texte qui a déjà été lu en différents points du globe. Mais cela ne suffira pas pour que l'homme s'axe vers sa véritable vocation. Pour cela il faudra que de l'idéal personnel, il découvre sa nature profonde et animique, celle qui en fera plus qu'un animal intelligent et civilisé.

C'est bien dans cette nature animique que se trouve la réponse à cette véritable question, la raison de la vie, le sens de l'existence humaine, de l'existence tout court. Et cette réponse ne sera pas unique, car chaque être possède en son essence une part de vérité, qui fait de chacun un être unique et original, aux potentialités multiples.

Imaginons quelques instants toutes ces potentialités mises bout à bout, toutes ces vérités s'unifiant dans une communication libre et aimante, l'humanité basculerait rapidement sur une nouvelle terre, la même, mais qui du charbon deviendrait un joyau brut et étincelant. La joie serait totale, et l'homme trouverait rapidement une solution à tous ses problèmes, les problèmes matériels, existentiels, et même une réponse à la mort qui effraie tant notre animalité consciemment ou non.

Ceci n'est pas une utopie, c'est le destin de l'homme. L'humanité y arrivera et aurait pu y arriver déjà s'il n'y avait l'obstination structurelle de conserver sa nature actuelle, conflictuelle, limitée et dominatrice. Toutes les forces vives de la création et de l'incréé qui peuvent agir dans ce sens sont déjà à l’œuvre. Mais le travail est considérable.

Arriver à se changer soi-même ne serait-ce que pour commencer à ouvrir les yeux réclame une attention et un travail constant et journalier. Mais si cela n'est pas entrepris, quel sens donner à la vie ? Avoir plus de bien matériel ? Le confort ? L'amour et la reconnaissance de l'autre ? Assouvir ses plaisirs ? Trouver le bonheur ? Ne dites pas non, pour la plupart d'entre nous c'est cela que nous recherchons. Alors ça commence par-là, comprendre ce qu'est cette entité tellement impliquée vis à vis d'elle-même, et vis à vis d'elle-même à travers les autres.

Jean-Michel Jutge

dimanche 27 novembre 2011

Naissance et croissance de l'âme



Lorsqu'un être humain vient au monde, la particule du Divin dans le cœur est toujours neuve et impersonnelle. Elle appartient à Dieu, bien que prisonnière de l'obscurité matérielle. Elle fait partie de l'héritage "génétique" en quelque sorte du corps animique, comme le corps physique qui possède deux yeux, un nez, une bouche et tout son héritage génétique.

La plupart du temps aucun être personnalisé ne s'articule autour de cette particule, si ce n'est une ambiance spirituelle de fond nouvelle et unique pour chacun ; et qui doit normalement orienter l'individu vers une aspiration et une évolution qui lui est propre et originale. Mais bien sûr cela n'arrive que très rarement car l'aspiration est étouffée sous tous les conditionnements de l'existence.

Tout aussi rarement cette ambiance de fond peut porter en elle une programmation spirituelle placée là directement par le Divin, ou prélevée en Lui, si cette personne doit avoir une destinée particulière. C'est à dire que l'âme peut porter à ce moment là une supraconscience divine déjà en partie formée.

Encore plus rarement, en plus de toutes ces possibilités, des êtres spirituels, humain ou non, peuvent aussi placer autour de la particule divine différents types de supraconsciences absolues liées à leurs propres réalisations ou nature d'être. Mais il y a une limite à ce phénomène et à la quantité de ce que l'âme peut porter à la naissance, c'est pour cela qu'en général ce transfert, s'il peut commencer dans le ventre maternel, peut se poursuivre aussi tout au long de la vie.

Voilà pour ce qui est de la nature spirituelle.

Les êtres des plans intermédiaires ou inférieurs peuvent aussi agir de la sorte par des transferts de leur propre nature, sauf qu'à ce moment là les transferts se situent au sein du corps subtil ou du corps astral, et qu'ils sont obligés d'attendre une certaine maturité psychologique ou astrale de l'individu dans la distorsion pour réaliser cela. Car l'esprit du bébé est trop pur pour être possédé ou influencé dès la naissance.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous sommes à la fois des êtres spirituels particuliers, issus directement du Divin et avec un parfum unique s'incarnant en ce monde, et à la fois des êtres spirituels en devenir et en construction. Car comme le corps physique qui doit atteindre sa maturité au cours de la croissance, notre nature spirituelle a aussi son enfance et doit croître afin de vaincre toutes les limitations de ce monde.

Jean-Michel Jutge

dimanche 6 novembre 2011

La mémoire de l'origine

L'âme humaine est incarnée dans le corps de l'homme, et enracinée dans le cœur. De fait, elle se développe à partir du cœur. Mais sa nature vient d'ailleurs, elle est spirituelle, un éclat du Divin qui Lui est au-delà de la création. De fait nous pouvons Le manifester alors à travers l'âme qui est capable de par sa nature de faire le pont entre le Créateur et la création. L'âme est ce qui est « à l'image et ressemblance du Père », on peut comprendre cela.

La création est née d'une singularité au sein du Divin Lui-même, une première chute vibratoire où il s'est transformé en Lumière, créant en parallèle un vide de ténèbres, la Lumière absolue brillant dans ces ténèbres absolues. Il ne pouvait y avoir de création de lumière sans la création de ces ténèbres, et la reconnaissance de l'existence de l'un ne peut se faire qu'en parallèle à la reconnaissance de l'existence de l'autre. C'est la première dualité, mais je préfère le mot dichotomie car toutes les qualités divines restent présentes dans cette lumière, c'est là que la Lumière de Grâce trouve son origine.

Puis chaque fois qu'il y a eu chute vibratoire, un nouvel élément a été créé avec en parallèle son absence. Pour donner en finalité la dichotomie Matière/Néant. Mais le néant ne préexistait pas à la matière, il en est la composante inverse indispensable pour sa création.

S'il y a eu création par chutes vibratoires successives, la mémoire de l'origine reste néanmoins présente au plus profond de la matière, puisque tout ce qu'il y a de réel dans cette création vient de cette origine. Le yogi Sri Aurobindo pour décrire cela disait que le Divin était présent dans la matière mais de manière involuée. Il faut comprendre sous un état tellement éloigné de l'origine qu'il en a perdu les qualités. Mais cette mémoire pousse vers un retour à l'origine.


Il y a donc une recherche de perfection au sein même de la création par une réorganisation de la matière qui la pousse à retrouver cette origine. C'est là qu'il faut voir le mouvement de la vie, et à travers elle l'évolution, dont l'homme est l'élément le plus achevé sur cette terre, puisqu'il intègre en lui un élément de l'absolu, avec tout ce qui existe entre cet absolu et le monde physique.

C'est un retour de la matière elle-même qui petit à petit intègre en elle des éléments de plus en plus subtils qui ont été eux-mêmes le produit de la cristallisation du Divin, cela jusqu'à intégrer l'âme pour l'homme. Il ne faut pas y voir là une dissolution de la matière qui retourne à son état originel car toute la particularité des éléments inférieurs subsistent. Bien que la dissolution de la matière vers sa propre origine existe aussi mais on ne le voit que dans les trous noirs de l'univers.

Jean-Michel Jutge