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mercredi 28 juillet 2021

Liberté et conditionnement

 

La liberté est-elle quelque chose qui s’atteint ? La réponse est assez paradoxale. D’un côté il y a le conditionnement, auquel nous nous identifions, et qui agit dans notre vie et sur notre état intérieur de différentes manières. Alors bien-sûr il est nécessaire de comprendre tout ce conditionnement, s’en libérer afin de remettre l’énergie et la vie en circulation, afin de pouvoir aborder l’existence sans toutes les projections qui en sont issues et qui orientent fatalement notre perception, notre conscience, et la manière dont nous vivons les choses. 

Mais si on ne s’appuie que là-dessus, on risque fort de n’en voir jamais le bout, car notre conditionnement personnel est lié au conditionnement de l’humanité, qui est lui-même lié à toutes les sphères occultes de la planète, qui sont elle-même liées à toute l’histoire de l’univers etc. ce qui voudrait dire que la liberté complète ne sera là que lorsqu’on aura résolu toutes les problématiques personnelles, celle des autres, du monde et de l’existence totale …. Je ne dis pas que c’est impossible, mais de fait personne ne l’a encore réalisé, car sinon l’être humain lui-même ne serait pas là où il est actuellement. Concernant la liberté, il faut donc envisager une autre piste que celle du déconditionnement, c’est celle de la désidentification de l’esprit. L’esprit est identifié, au moi, à la personnalité, au corps, aux sensations, aux émotions, à la pensée etc. et bien entendu à toute la structure interne formant notre conditionnement. 

Cette identification est le vrai problème. Car d’une part, il n’y a pas besoin de temps ni de travail particulier pour sortir de l’identification. Et il est certain que cela arrive parfois. Mais ces moments de plénitude sont toujours récupéré par l’esprit, dès qu’ils apparaissent, la pensée cherche à leur donner continuité, et nous revoilà dans le temps et l’identification. Mais l’esprit est libre par nature, il s’agit simplement de voir les mécanismes de l’identification, du temps intérieur, de la projection, de la poursuite du moi, tout le fonctionnement de base de l’esprit, de la pensée et de la conscience, pour se rendre compte que finalement nous pouvons être libre à chaque instant, libre de notre passé ou de ce que nous projetons, comme nous pouvons aussi nous y identifier. 

Le mensonge ici consiste à se faire croire que ce n’est pas possible, ou qu’il y a un intérêt à rester identifié, qu’on risque de perdre quelque chose, que c’est trop difficile à atteindre - alors même qu’il n’y a rien à atteindre - ou je ne sais quoi d’autre. Il faut certes beaucoup de sérieux pour se pencher sur ces questions, sérieux veut dire qu’on ne cherche pas à nourrir le moi. Mais c’est à la portée de tous, l’esprit est déjà libre par nature.

Jean-Michel Jutge


samedi 20 mars 2021

L' Âme et l'esprit


L’action de l’âme et celle de l’esprit ne sont pas les mêmes. L’âme sait les choses sans avoir besoin de les penser, elle s’exprime dans l’amour, l’intelligence pure et la créativité. L’esprit raisonne, suit sa logique, pense le monde bien souvent, avant de l’appréhender. L’action de l’âme est spontanée, bien souvent on la découvre en même temps qu’elle s’exprime, elle s’appuie sur le réel. Alors que l’action de l’esprit procède souvent du connu, du passé. Il est intéressant de distinguer en soi ces deux aspects. 

Leur devenir est l’unité, l’âme est l’esprit doivent finir par fusionner. Vous êtes à ce moment-là entièrement l’âme, le « je » ne se situe plus dans l’esprit. Il n’y a d’ailleurs plus de personnalité dans le sens que l’on donne habituellement à ce mot. Chaque être humain en potentiel peux vivre cette croissance spirituelle ou incarner le Divin. Nous devrions tous être des dieux, à l’image du Dieu unique. Mais entre ce que devrait être l’humanité et ce qu’elle est, il y a un fossé immense que bien peu tentent de combler.

Jean Michel Jutge

lundi 14 septembre 2020

Esprit et sensibilité

Lorsque la sensibilité est ouverte, il est possible de communier avec l’esprit de toutes choses. Prenons l’esprit de l’arbre. L’arbre reste vivant même coupé, car ses cellules le sont, et son esprit peut l’habiter encore longtemps. Même une plante sèche peut garder son esprit, on utilise ce principe en alchimie en ravivant l’esprit d’une plante médicinale séchée, dans sa teinture, pour qu’elle agisse à la fois sur un plan physique et un plan plus subtil. Et même chez un animal mort son esprit peut rester un certain temps avant de retourner à l’esprit collectif de l’espèce, car les animaux n’ont pas d’âme, donc pas d’individualité en propre. Pour qu’ils gardent cette individualité dans le décès, il faudrait une intervention supérieure. Et même dans le minéral se trouve un esprit, plus dense, plus profond, plus difficilement accessible mais qui porte une grande beauté.

Si vous en avez l’occasion, essayez sur un grand arbre bien vivant planté au sol de prendre contact avec son esprit en posant vos mains dessus. Vous devriez pouvoir sentir sa force, son énergie, sa sensibilité. Et inversement communiquez-lui votre énergie, ils y sont très sensibles. Et lorsqu’il s’agit d’une force divine, ils l’intègrent automatiquement à leur propre nature, l’arbre gardera ensuite cette force divine pour la déployer autour de lui.

Jean-Michel Jutge

samedi 9 septembre 2017

Esprit, Âme et conscience



Comprendre ce que peuvent être l’esprit, l’âme et la conscience dans leurs différences ne peut être qu’expérimental. Il faut voir, et non pas seulement comprendre. Habituellement et pour ce qui constitue la nature humaine, celui qui parle en nous, qui décide, qui pose les actes, qui pense, qui choisit etc, est ce qu’on appelle le « je », un produit de l’esprit, créé par l’esprit et auquel l’esprit s’identifie. Ce « je » c’est toute la conscience de soi, l’expérience, l’image. Il fonctionne à partir de l’ego, mais aussi à partir des sentiments, des désirs, des impressions, de ses conditionnements, ses projections, et aussi ses peurs, etc., la liste peut être longue. 

C’est tout un ensemble structurel avec lequel nous ne naissons pas, mais qui se construit par la suite et tout au long de la vie. Et ceci constitue ce à quoi nous nous identifions lorsque nous disons « moi ». Nous pouvons facilement nous rendre compte que ce moi est totalement arbitraire. Il s’est construit de manière circonstancielle. Il constitue l’illusion du soi. Ce qui s’identifie c’est toujours l’esprit. Libérez-vous de cela, vous redevenez l’humain que vous étiez à votre naissance, enfin, pas tout à fait, car vous avez gagné en lucidité et d’autres choses encore.

L’âme fait partie de l’humain. Le moi fait partie de la conscience, mais la partie de la conscience non intégrée, celle qui est restée infantile, qui fonctionne sur l’affect. On peut donc dire que le moi n’est que la partie de soi qui doit encore grandir et devenir adulte. Mais la plupart des individus sont restés de différentes manières bloqués sur cette partie. La proposition spirituelle consiste souvent à remettre en marche le processus d’intégration afin de devenir parfaitement adulte. Beaucoup s’arrêtent là, ce qui est déjà bien, et ça n’implique pas l’âme ni forcement le Divin. Cette démarche ne concerne que l’esprit et son contenu en tant que conscience.

L’âme est quelque chose de fragile, tant qu’elle n’a pas pris son envol, c'est-à-dire tant que nous ne sommes pas elle. Devenir elle, cela veut dire se fondre, s’unifier à l’âme en esprit et en conscience. Il n’y a qu’un pouvoir divin actif en soi qui peut permettre cela, ou un éveil de l’âme elle-même. Et l’esprit ne le peux que s’il a reconnu l’existence de l’âme et que le soi décide de s’y perdre. Dans tous les cas la liberté est dans l’esprit.

Jean-Michel Jutge

samedi 6 mai 2017

Esprit et identification



Lorsque l’esprit n’est identifié à rien, ni à soi, ni à l’autre, ni à quoi que ce soit de l’existence, que se passent-il ? Il ne s’attache à rien. Mais il reste pleinement sensible. 

Et rien en lui-même ne bloque son énergie, il est alors sensible à sa propre lumière, son propre mouvement. Dans cette perception ses actes sont libres, ses choix dirigés par l’amour, l’intelligence, la créativité ou la nécessité du moment. Qui plus est, il demeure en méditation, comme une flamme en son sein qui brûle sans s’éteindre et éclaire l’existence qui le traverse. 

Si la pensée est là, elle l’est sans identification, comme un rappel de l’expérience pour plus de créativité, mais l’esprit ne confond plus l’image et le réel. Il vit dans l’instant, comme il l’a toujours vécu, car c’est sa seule réalité. Mais ne s’identifiant plus à la mémoire et aux souvenirs il ne s’identifie plus non plus à la représentation du temps. Seul l’instant est perçu comme réel. Mais l’instant peut aussi révéler d’autres réalités que celles qui passent par les sens corporels. Le réel pour l’esprit possède sa propre profondeur, dans un inconnu permanent. La créativité s’exprime sur cet inconnu. Elle est génératrice d’énergie.

Comme on peut le voir, l’esprit vécu ainsi est toujours plein et en mouvement. Et même s’il est vide de tout mouvement, dans les profondeurs de la méditation, même ce silence et cette immobilité demeurent pleins.

Pour revenir sur la question, si vous observez bien, ce qui encombre l’esprit n’est jamais la totalité de soi. C’est quelque chose qui est dans un mouvement, qui apparaît et disparaît pour venir être remplacé par autre chose. Ainsi se succèdent en l’esprit tous les aspects et mouvement du moi, mais jamais tous en même temps, cela tourne de manière cyclique. En fait cela remonte du subconscient pour effleurer la surface sensible de l’esprit et replonger dans le subconscient, au gré de divers sollicitations. 

C’est un mouvement réflexe contre lequel nous ne pouvons pas grand-chose, et tous nos efforts pour le contenir ne font que le refouler et créer d’autres problèmes ailleurs. Mieux vaut alors laisser la pensée, et ses émotions sous-jacentes, libres de s’exprimer en l’esprit, mais nous pouvons apprendre à y être pleinement sensible, afin de les écouter, les comprendre, et se comprendre soi-même. Cette compréhension libère l’esprit, dans le sens que tout ce qui est vu entièrement ne montera plus à lui et ne viendra plus l’encombrer.

Cette approche telle que décrite ici n’est pas exhaustive, il en existe d’autres.

Jean-Michel Jutge

samedi 19 novembre 2016

Esprit et méditation



Nous pouvons nous retrouver parfois dans une situation où rien n’habite l’esprit. Il se trouve alors dans la disponibilité, en méditation avec lui-même, dans un silence plein, ou en méditation avec le réel... Nous avons peut-être déjà vécu cela, dans de brefs instants de vie où la magie de l’existence était là. 

Si l’esprit n’a pas cette liberté, c’est qu’il reste identifié à la pensée, l’autorité, ou l’image de soi, tous issus du passé. Mais cette identification peut être rompue à n’importe quel instant. Si l’esprit n’est plus identifié, il peut néanmoins se retourner vers le soi, son expérience, son passé. Mais il s’y tournera dans la méditation, sans s’identifier. Le soi sera vu pour ce qu’il est par l’esprit, mais il n’y aura personne qui voit, il y a juste perception du soi, ses structures, mouvements. 

Ce qui entraine une dissolution du soi, qui est une forme d’intégration dans l’intelligence. Le passé disparaît au fur et à mesure qu’il est vu. Mais ce passé comme il n’est plus délimité par l’identification, débouche vite sur toute la conscience et l’expérience de l’humanité, au-delà de la personne, et à plus ou moins long terme de la nature, de l’univers, de la Création visible et invisible etc..

Jean-Michel Jutge

mardi 3 juin 2014

Le Samãdhi

J’ai parlé d’une naissance pour décrire le nouvel état dans lequel je me trouvais après l’éveil de Kundalini, et j’ai vraiment eu l’impression de devoir tout réapprendre avec un nouveau regard. Ainsi, je me rappelle par exemple m’être retrouvé un stylo à la main, et avoir eu un instant d’hésitation, ne sachant comment écrire. Et lorsque les mots se sont enchaînés, avoir fait cet acte de manière neuve, le découvrir au fur et à mesure qu’il s’affirmait.  

Ceci s’est confirmé pour beaucoup de choses, et la manière dont j’abordais l’existence se faisait avec une conscience inversée, comme si j’avais toujours vécu dans le miroir, et que tout s’était remis à l’endroit. Auparavant je ne voyais du monde que ce que ma conscience me renvoyait, celle-ci s’interposant entre lui et la vision que j’en avais. Mais là, la conscience restait derrière, et par cette nouvelle situation, semblait s’être inversée, ma perception étant directe. Ainsi la conscience ne m’apparaît-elle plus que comme un miroir sur lequel s’accumule l’image de nos expériences, et reflétant le présent, celui-ci se reconnaissant dans celle-là. Mais n’est-ce pas le miroir qui est inversé ? J’ai parfois l’impression de vivre au sein d’une humanité qui prend les choses à l’envers. 

Pendant un peu plus d’une année, je dus tout réapprendre, et je vivais une succession d’expériences et d’états que je ne contrôlais pas toujours mais qui rendirent difficile la vie dans laquelle je m’étais engagé jusque-là. Une année d’études où j’étais ballotté entre la découverte d’un monde et d’un univers fascinants et la nécessité d’accomplir un retour vers les tâches qu’exigeaient mes études, les travaux à l’hôpital la matinée, les cours dans les amphithéâtres l’après-midi, les travaux d’études dans ma petite chambre d’université le soir, ce qui m’occupait à peu près douze heures par jour, et des états de samãdhi qui saisissaient chaque occasion pour se manifester. 

Chaque état de samãdhi était une percée à travers la conscience me faisant percevoir la réalité au-delà des apparences sensorielles. J’avais beaucoup de mal, surtout au début à me concentrer sur mes leçons qui m’obligeaient à mémoriser systématiquement des pages et des livres d’anatomie, de physiologie, etc… D’ailleurs, dès que je me concentrais sur quelque chose, l’esprit s’absorbait, et cela a duré longtemps, aussi longtemps qu’il y eût une terre inconnue et nécessaire à explorer. Imaginez que vous ouvrez votre cahier, vous commencez à lire, à essayer de mémoriser, et sans vous avertir, les mots grossissent, ondulent, et vous vous retrouvez happé dans quelque dimension de l’esprit, n’ayant plus qu’un lien ténu avec votre table de travail, jusqu’à ce que vous reveniez tranquillement pour poursuivre votre leçon, avec un esprit plus vaste, certes, ou une compréhension accrue de l’univers ou de votre nature mais sans avoir pu avancer d’un pouce sur cette tâche des plus ardues qui est celle d’accumuler des informations. 

Ou bien vous soignez un malade, lui massant une plaie, et votre esprit entrant en union avec sa souffrance, n’ayant plus de barrière, vos énergies se transfèrent tout naturellement vers cet être qui en a grand besoin, vous laissant tellement vide qu’il vous faut vous enfuir pour récupérer. Je mettais deux fois plus de temps à réaliser les choses. Mais quelles merveilles de voir ces « anges » que sont les êtres humains, avec leur aura, leur conscience, leur être. Tout cela m’apparaissait dans toute sa splendeur, et chaque individu était un univers à lui tout seul qui méritait mon attention et mon intérêt. 

Ainsi, les envolées de l’esprit me faisaient découvrir le monde sous un tout autre aspect. Je pénétrais dans les pierres et les éléments de la nature, goûtant leurs essences jusqu’à en devenir parfois ivre, ou bien je plongeais dans les profondeurs de moi-même découvrant des espaces de paix, de plénitude, ou des dimensions que je ne soupçonnais pas. Au bout d’une année d’études supplémentaire, je dus me rendre à l’évidence que je ne pourrai jamais exercer cette profession, de par les contraintes qu’elle m’imposait. J’avais autre chose à faire : il me fallait enseigner le yoga et rendre accessible à l’être humain toutes ces merveilles. 

Je voudrais expliquer ici ce que sont ces états d’absorption dans les choses que la science du yoga nomme samãdhi. S’ils étaient nombreux et fréquents dans la période qui a suivi l’éveil de la Kundalini, ils se sont, avec le temps espacés de plus en plus pour réapparaître par la suite périodiquement mais toujours sous de nouvelles formes. Tout d’abord comprenons la nature du samãdhi. La Kundalini dans son éveil complet est un samãdhi, c’est-à-dire la percée de l’esprit, qui, quittant son emprisonnement au fond de la matière (le corps), des instincts (le vital) et de la conscience (le moi), trouve sa liberté en reprenant contact avec notre nature divine profonde. Mais à travers cette percée ne seront transformés chez l’individu que les aspects de celui-ci faisant obstacle à cette percée. 

Ce qui veut dire qu’un éveil de Kundalini ne constitue en rien un état de perfection, tout au plus un instrument supplémentaire nous permettant de réaliser celle-ci pour le peu que nous voulions nous perfectionner, c’est-à-dire accomplir totalement notre vocation et notre nature divine. La Kundalini est donc une brèche dans le chaos et l’obscurité humaine à travers laquelle nous pouvons avoir accès à la réalité, la plus haute étant ici celle de notre réalité divine. Chaque fois que nous empruntons cette brèche, cela l’agrandit et se traduit par un état de samãdhi c’est-à-dire une perception des choses dans la nature même des choses perçues sans que la conscience ou tout autre forme de conditionnement intervienne, à travers la simple présence de l’esprit et de l’être.  Plus la brèche s’agrandit, plus le voile du conditionnement disparaît, laissant de plus en plus souvent l’esprit dans un état de vacuité qui est samãdhi naturel ou rien ne fait obstacle entre le profond et la périphérie. 


Un deuxième fait vient se rajouter à ce mécanisme. Lorsque l’esprit se rend compte de cette double nature, de son état de liberté dans la vacuité et des limites de celle-ci constituant donc les limites de la brèche, il n’a de cesse de faire reculer celles-ci, entrant en samãdhi sur la conscience elle-même, vecteur de ses limites et du conditionnement. Commence alors un lent processus d’intégration, ou de désintégration de la conscience, se transformant alors en Supra-conscience qui est à l’être ce que la conscience ordinaire est à l’ego.

D’autres états succèdent à celui-ci ; mais nous pouvons penser qu’une personne ayant éveillé sa Kundalini mais n’ayant pas réalisé la nature illusoire de la conscience posséderait cette double ambiguïté : celle d’avoir un esprit libre tout en continuant à vivre sur ce que la conscience nous renvoie, sachant au fond de soi où est la réalité, mais la conscience doutant de celle-ci s’attachant à ses propres mécanismes et croyances avec autant de force qu’elle cherchera à imposer ses vues. 

Ceci peut être car l’Être, même réalisé, peut manquer d’intelligence et de force ; mais il lui suffirait de voir l’illusion de cette conscience pour que s’amorce alors ce lent processus. Ainsi, si l’éveil de la Kundalini nous libère de l’autorité extérieure, il ne nous libère pas de notre propre autorité. Je devais réaliser cela quelques années plus tard par un choix de l’intelligence qui fit irrémédiablement tourner l’esprit vers le soi non intégré, pour sa propre fin, laissant les affaires du monde à l’être-présence, choix le plus adéquat pour permettre le développement de cet Être et la fin de cette conscience. Je dois dire que les limites de la conscience individuelle ont vite été atteintes, pour le peu qu’elles aient subsisté, ouvrant l’esprit sur une conscience collective toujours plus vaste et partagée entre plusieurs univers. 

Ainsi, le monde m’est apparu par la suite sous quatre états principaux superposés les uns aux autres, ayant autant de réalité perceptible les uns que les autres, et dont je n’ai pu éviter la confrontation, existant dans chacun d’eux ; le monde de la matière que nous connaissons tous, le monde de l’énergie qui prend de multiples aspects, les mondes de la conscience dont font partie la conscience collective de l’humanité mais aussi celle de la nature, etc..., et les expressions divines, plus courantes que l’on ne croit. 

Extraits de « Lettres aux chercheurs spirituels – Récits autobiographiques » par Jean-Michel Jutge 
© 2014 Editions Elliance

vendredi 14 décembre 2012

Avoir l'esprit léger

























Dans toute démarche spirituelle il y a nos sentiments profonds, et ce qui font nos craintes, ou nos désirs, aspirations, idéaux etc. Tout cela est lié à l’insatisfaction. Il n’y a pas de craintes sans désirs, et il n’y a pas de désirs sans insatisfaction. Je ne vais pas m’étaler sur la manière dont la psyché fonctionne autour du moi et de ses sentiments, on trouve tout cela par ailleurs. 

Ce que je veux mettre en évidence, c’est que tout cela se projette sur les situations de notre vie spirituelle et risque fort d’agir comme un voile à une appréciation juste du travail fourni. La crainte de ne pas atteindre son but, de ne pas éveiller l’être spirituel ou je ne sais quoi d’autre appellera le problème, simplement parce que psychologiquement nous sommes  déjà avec cela et que cela conditionne notre comportement.

C’est un mécanisme commun, mais qui dans le travail qui nous occupe doit être vu pour ce qu’il est afin de pouvoir en sortir. Cela agit comme un poids qui s’oppose au travail lui-même. C’est une chose très importante. Avoir l’esprit léger permet d’être réceptif au neuf et à l’inconnu.

Jean-Michel Jutge

dimanche 19 août 2012

L'âme, l'esprit et le Divin


L’expérience spirituelle est tellement vaste et diversifiée que l’on ne peut pas véritablement comprendre celle de l’autre en passant ou en prenant la sienne en propre comme référence. Pour cela il faut pouvoir communier avec celle de l’autre et en percevoir directement la nature. Pour cela également je n’interviens jamais, ou jamais sans l’avoir vérifié par moi-même, lorsqu’il s’agit de commenter la vie spirituelle de l‘autre.

Mais je noterai néanmoins quelques observations sur la manière dont les choses fonctionnent, qui concernent chaque individus , et pouvant servir de base de réflexion pour comprendre son expérience en propre.

L’âme peut avoir une vie propre indépendamment de l’esprit et sans que nous nous en rendions compte. Pour s’en rendre compte il faut que l’esprit et donc la conscience, aient ouverts un minimum de sensibilité sur l’âme.

L’âme est plus profonde que l’esprit mais elle reste soi, elle n’est pas dissociée de soi, même si, tant que nous vivons à travers un ego, nous pouvons la voir comme quelque chose d’extérieur à soi, car c’est principalement l’ego qui nous en dissocie.

Il faut différencier l’âme de tous les autres éléments qui peuvent faire partie de la nature de l’être. Par exemple il existe quantité d’archétypes divins, auxquels l’âme peut se rattacher, et que l’on perçoit comme extérieur. Mais dans tous les cas c’est aussi l’âme qui perçoit, on ne peut percevoir quelque chose de la nature de « l’Etre » sans que l’âme soit aussi impliquée, même si ça passe obligatoirement par l’esprit. Si l’esprit seul est impliqué, il ne percevra que des choses de la nature de l’esprit. Si l’âme seule est impliquée, il n’y aura tout simplement aucune conscience et sensibilité sur ce qu’elle pourra vivre, ou très indirectement.

L’unité de l’âme et de l’esprit se réalise par le cœur. L’unité de l’esprit et du Divin se réalise par le haut. L’unité de l’âme et du Divin se réalise lorsque les deux premiers sont réalisés. On peut donc voir que dans tous les cas l’esprit a un rôle important à jouer. Et autant lui et son contenu s’interposent habituellement entre la relation de l’âme et du Divin, autant c’est par lui que peut aussi exister ce lien.

Jean-Michel Jutge

dimanche 25 mars 2012

Le lâcher prise



Le problème du lâcher prise est qu'il ne peut se créer par la volonté. On peut apprendre la relaxation bien sûr, ou à respirer, afin de libérer les tensions, acquérir une certaine maîtrise de soi. Mais il est des dimensions du corps et de l'esprit qui ne peuvent s'atteindre par la technique. Toutefois beaucoup se contenteraient déjà d'une détente superficielle.

Un lâcher prise complet nécessite un changement de nature de la conscience égotique. Que le centre capitule. Or si l'on souhaite atteindre ce centre nombreuses sont les couches à traverser, à libérer, et la première moitié de celles-ci peuvent se faire par des techniques relativement simples.

Pour les autres, plus profondes, il existe dans le yoga ce que l'on appelle les techniques de Samyama. Il ne s'agit pas vraiment de technique, mais d'un apprentissage des mécanismes de l'esprit et de la conscience qui permet de rentrer dans les profondeurs, faire disparaître la dualité sujet/objet, apprendre à voir sans le "je", se détacher du moi et de ses illusions et en intégrer tous ses aspects jusqu'à l'éveil complet de l'essence spirituelle qui se révèle au-delà du moi. Alors l'esprit est libre. Tout ceci est codifié dans le yoga de Patanjali en particulier, ou yoga royal, mais aussi dans d'autres yogas. Toutefois il est rare de trouver des instructeurs travaillant le yoga dans ce domaine.

Une autre manière de neutraliser les effets pervers de l'ego est la soumission. La Mère en a beaucoup parlé, Sri Aurobindo aussi. C'est baisser la tête dans l'humilité face au Divin, s'en remettre à lui. Malheureusement cette soumission est souvent mal comprise. Il n'y a qu'à voir ce qu'en ont fait d'une manière caricaturale certaines religions, alors même qu'elles pourraient en exprimer véritablement le sens, l'abandon à Dieu, la rémission du soi.

Et cela est encore trop souvent récupéré par un ego qui prône une obéissance à Dieu de manière dogmatique et aveugle, on voit cela dans tous les systèmes religieux, et même parfois dans les authentiques spiritualités. Et donc sortir de l'ego, quel que soit notre approche, nécessite toujours de se remettre en question, et ne s'arrêter à rien, à aucune réalisation, même si c'est celle de Dieu, de l'Éveil, de l'immortalité ou de je ne sais quoi d'autre encore...

Jean-Michel Jutge

dimanche 23 janvier 2011

La distance entre Dieu et l'homme


En notre esprit et conscience la distance qui nous sépare intérieurement de Dieu est grande, c'est celle qu'a remplie l'ego, l'orgueil, l'ambition, après la séparation de l'homme d'avec Dieu au moment de la chute. C'est une distance d'obscurité.

Dieu peut la parcourir par sa grâce, dans certaines conditions, parce qu'il existe aussi un autre lieu où cette distance n'existe pas, le lieu de l'âme qui reste unie à son Créateur. Mais du coup la distance qui nous sépare de Dieu est aussi celle qui nous sépare de notre âme.

Et tout le problème consiste alors à parcourir cette distance, ce qui veut dire changer de polarité, pour être uni à Dieu, créer cet alignement qui passe par le corps, la sensibilité, l'esprit et la conscience, vers l'âme et le Divin en soi. Cela pour ce qui nous est propre et intérieur.


Pour l'extérieur, dans le macrocosme, c'est autre chose. Dieu est absent de la création, en grande partie, ou présent seulement à travers les centres de rayonnement Christique et Divin que l'on trouve en différents points du cosmos.

Mais le rôle de l'homme c'est précisément de pouvoir le manifester. Et donc la vrai question n'est pas de se demander pourquoi Dieu est absent de notre propre personne, et pourquoi ne se manifeste t'il pas plus, ce qui est encore une vision anthropomorphique qui participe elle-même de cette absence ; mais comment est-ce que je peux manifester moi-même totalement ma raison d'être en tant qu'être humain et divin, qui est celle précisément de combler à cette absence de Dieu dans la création en le rendant présent, et de faire ainsi évoluer la création à travers moi...

Jean-Michel Jutge

jeudi 19 août 2010

Sommeil, rêve et Eveil


Qu’est-ce qui distingue l'état de rêve, de l'état de veille, ou de l'état d'expériences "spirituelles" ? Trois états de consciences, qui pour ce que j'en observe ressemble à trois "logiques" d'univers.

- Pour répondre brièvement à cette question, il faut distinguer les deux premiers du troisième. La veille et le rêve c'est ce que nous connaissons. En fait nous rêvons tout le temps, sauf que dans la veille cela passe à l'arrière plan et prend une autre forme, le mental, la projection, l'imaginaire, car le rêve s'adapte alors à la réalité, et nous nous mettons à nous identifier.

Dans le sommeil nous ne sommes plus en contact avec la réalité, mais le rêve est alors débridé, il n'a plus de référence extérieure donnée par les sens, alors il part dans tous les sens.

En fait c'est l'esprit qui n'est plus extériorisé et donc se trouve à un niveau plus profond de la conscience qui continue à vivre son histoire et à se réorganiser dans le sommeil par les rêves. Cela permet au corps de se reposer comme nous le savons, mais permet aussi à Dieu de régénérer le corps car nous ne l’habitons plus vraiment et donc ne faisons pas obstacle à cette régénération.

Au réveil l'esprit se projette de nouveau dans le corps à travers les sens mais la conscience reste malgré tout là à rêver le monde, à vivre son histoire personnelle tout aussi construite et illusoire que son ego ou que n'importe quel rêve.

Au milieu de tout cela peut intervenir l'expérience spirituelle. Elle vient d'une dimension au-delà de tout ce dont on vient de parler mais s'y introduit, et donc bouleverse la donne, à la fois du rêve, le l'esprit, de la conscience, de la veille, des sens.

C'est en général une information transcendante de nature animique, donc d'une autre réalité, qui dans le rêve le rend initiatique, dans la conscience l'éveille, dans l'esprit l'illumine, dans les sens les rends extatiques, dans le corps l'incarne.

La perception de l'expérience spirituelle est conditionnée à la fois par la nature de son origine mais aussi par l'élément de soi qui la reçoit, et donc pourra être interprétée différemment selon cet élément. Pour cela l'expérience possède également une nature limitée, mais permet d'appréhender le monde et l'univers, la vie de manière suffisamment différente pour nous approcher de plus en plus d'une vérité de plus en plus vraie tout en nous éloignant de plus en plus de l'illusion que nous prenons pour le vrai. Ce mouvement est exponentiel et sans fin et constitue la joie de l'évolution.

Jean-Michel Jutge

samedi 15 août 2009

L'esprit et la conscience

L'autre point qui a son importance est le rapport entre la conscience et l'esprit. La conscience a principalement pour rôle la reconnaissance, nous parlons bien entendu de la conscience ordinaire, pas de la conscience divine qui intègre en elle d’autres qualités. C'est-à-dire que c'est la conscience qui nous permet de reconnaître les choses. De tous les événements qui se passent en cet instant à l'intérieur de votre esprit il se trouve un certain nombre de chose que vous n'allez pas fixer, que vous allez bien vivre mais qui ne feront que passer. Pour ces choses l'instant d'après c'est comme si elles n'avaient pas existé pour vous, parce qu'elles n'ont pas laissé de trace à l'intérieur de vous. Hors, les événements qui vont laisser une trace ce sont les événements que vous allez fixer dans votre conscience. Est-ce que vous comprenez cela ? Et la mémoire que vous portez de ces choses n’est rien d’autre que la manière qu'à le cerveau de se connecter à la conscience.

Mais la conscience n'est pas seulement la somme de toute la mémoire. Dans toute cette conscience se trouvent aussi de nombreux éléments qu'on ne peut se mémoriser car ils se trouvent à des niveaux trop profonds pour cela, comme les mémoires organiques et en générale notre mémoire est très sélective, très limitée dans ses capacités. Et il n’y a qu’en ouvrant notre conscience sur la conscience totale que l’on peut avoir accès absolument à toutes les mémoires et tous les aspects de la conscience.

Penchons nous un peu plus sur la biologie interne de l'organisme, et considérons l'être intérieur animique comme n’étant pas étranger au corps mais faisant parti de notre véritable nature humaine. C'est-à-dire qu’il est un héritage en tant qu'être humain, le véritable habitant de ce corps. Parallèlement à cela se trouve également la construction de notre personnalité qui elle est soumise au conditionnement. Dans cette approche, nous ne pouvons que constater que l’esprit est lui-même soumis à la vitalité et fonctions pulsionnelles du corps et à la volonté de la personnalité à travers le moi et l'ego, l’esprit n’est pas libre. En général l'esprit est dirigé par tout cela.

Par exemple si vous avez peur de quelque chose toute la tension de votre esprit est tournée vers cette peur, soit dans un mouvement de vigilance soit dans un mouvement de fuite. Dans la fuite on essaie de se voiler la réalité, on ne veut pas voir, on ne veut pas prendre contact avec la réalité qui nous fait peur, d’où le mouvement de fuite. Là l'esprit est soumis à la volonté et l’exigence de « la peur ». Ou lorsque vous avez un désir pulsionnel, qui fait parti du domaine du vital, de l'animalité de l'être humain, toute la tension de l'esprit est portée vers l'objet du désir, avec toutes les projections de la conscience qui vont avec. Avec un peu d’observation vous pouvez comprendre le fonctionnement de tout cela. L'esprit est dans ce cas soumis à l'instinct, à l'animalité, au moi ou au corps.

Mais l'esprit en lui-même fait aussi parti de notre nature humaine. On le porte indépendamment de tout ce dont je viens de parler et de toute notre personnalité. Hors, comme tout le reste de notre nature, cet esprit doit aussi pouvoir entrer en unité avec la Divinité, avec l'absolu.

Et lorsque l'esprit s'ouvre vers l'absolu comme on essaie de le faire à travers le processus de la Lumière, il perd petit à petit ses liens avec la nature inférieure et il établit des liens avec la nature supérieure. Et plus ce contact va être étroit et plus cela va aller dans ce sens. C'est à dire qu’à un moment donné il n'est plus commandé par la nature inférieure mais il devient, il apparaît, il se forge sous la volonté supérieure. Il est difficile de trouver les mots adéquats pour décrire cela. Hors, les lois qui régissent cette volonté supérieure ne sont pas les mêmes que les lois qui régissent la nature inférieure. Cela est compréhensible. Ce qui veut dire que le mouvement de l'esprit ne va plus être soumis à une nature inférieure ou de moins en moins au fur et à mesure du développement du processus.

Plus on va l'ouvrir à la nature supérieure et plus la loi de la nature supérieure va s'exprimer au sein de cet esprit, puis à travers l'esprit au sein de la conscience et au sein de l'organisme. Ainsi l’objectif principal de cette ouverture est d'essayer de faire rentrer la lumière au sein de l'esprit pour que justement le contrôle de notre nature rentre petit à petit sous le contrôle de la Divinité.

Alors il arrive un moment où il y a véritablement un basculement, c'est-à-dire que plus rien de l'esprit n'est soumis à la nature inférieure et il est totalement au service de la nature supérieure. Je dis au service, mais en réalité il n'y a plus de séparation. Le Divin est présent au sein même de l'esprit.

Dans tout ce développement, et même s’il y a une partie de nous qui est Divine, le Divin en tant que tel nous dépasse largement. La partie du divin en soi est personnelle et s’établit dans le cœur autour de la particule divine. Mais il existera toujours la partie du Divin qui est infini, infiniment plus vaste, et qui nous échappera toujours en tant qu’être ineffable. Cet Ineffable n’est accessible que par le lien, par l'unité que l'on peut établir avec Lui, sachant que cette unité elle-même construit l’âme dans la découverte et l’ouverture permanente à cet inconnu. Ainsi la totalité du Divin restera toujours inaccessible à l’homme. Par contre toute notre nature personnelle doit et peut être Divinisée, ce qui est tout un travail et un tout un autre problème.

Nous pouvons donc considérer ce double aspect dans notre relation au Divin, l'aspect du lien que l'on peut établir avec le Seigneur incommensurable et l'aspect de l'incarnation de ce Divin dans notre nature pour transformer toute cette nature. Ce sont deux problèmes et deux approches différentes. Il est possible de travailler sur les deux bien entendu.

Jean-Michel Jutge

samedi 7 février 2009

L'esprit du figuier

Nous serions étonnés de voir comment la nature, la vie et les éléments se vivent eux-même. Vivre ceci est une chose possible, à travers l'esprit universel de la création.

La pratique de certaines techniques de méditation et d'états de samadhi nous met directement en relation avec la conscience collective, dont certains aspects appartiennent à l'humanité entière, d'autres au règne animal ou végétal etc. Cette prise de contact laisse rentrer en notre esprit les éléments de conscience et de sensibilité des choses avec lesquels l'on entre en contact et par identification l'on devient ceux-ci. C'est-à-dire que l'on peut par exemple devenir un figuier en son esprit après s'être nourri de sa figue et communier avec "l'esprit" du figuier, vivant en soi l'expérience de sa nature.

Je vais illustrer cela par l'exemple : Je suis un jour entré en unité avec un figuier, en mangeant l'une de ses figues. Il possédait une sensibilité extraordinaire du ciel, du cosmos, et de l'environnement immédiat. Il percevait tous les insectes qui grimpaient sur lui, les fourmis, et qui volaient autours. Il ouvrait volontairement ses figues, en don naturel, pour nourrir tout ce beau monde. La figue était excellente, un nectar. Le plus étonnant était cette sensibilité aux rayonnements cosmiques, et la relation particulière d'osmose qui existait entre l'arbre et les insectes au point qu'il choisisait lui-même de les nourrir.

Les végétaux n'ont pas de conscience propre, comme les animaux ou les humains. La seule conscience qu'ils portent est la mémoire de leur génétique. Toutefois, ils ont une grande sensibilité et une vie qui leur est propre, répondant à l'environnement pour le servir. Ils sont très réceptifs à toutes sortes d'énergies et y réagissent très bien..

Percevoir la création de l'intérieur peut être expérimenté par ce que l'on appelle en yoga les techniques de samyama et de samadhi. Ces techniques nous font sentir ou vivre les choses de notre intérieur, et par l'intérieur des choses elles-mêmes. Pour un praticien avancé, le samadhi peut devenir naturel et spontané, et la communion peut apparaître sans être recherché. Mais le samadhi le plus intéressant est celui qui a lieu sur notre propre soi et conscience pour la connaissance de soi, ou sur le divin lui-même pour en explorer sa nature.

Mais il existe encore une autre manière d'explorer la beauté de ce monde et des autres, en chevauchant l'esprit du divin lui-même. Il nous porte alors de l'infiniment grand à l'infiniment petit et au-delà, nous faisant découvrir les choses à travers son regard lui-même.

Jean-Michel Jutge

lundi 8 décembre 2008

L'esprit

Au-delà du corps l'esprit est le véhicule de la perception, et de l'action. L'esprit s'enracine d'un coté dans le corps à travers les sens, et de l'autre dans le soi, que le soi existe sous l'état d'ego, de conscience ordinaire ou de supraconscience. Lorsque l'atman est réalisé, c'est à dire la nature divine qui se trouve au-delà de la conscience, l'esprit s'enracine dans l'atman et devient son instrument. Ainsi l'esprit n'a pas de centre, il est sa propre sphère libre par nature, mais identifié. Il n'est pas le soi, pas le divin, pas l'êtreté mais l'instrument par lequel l'individu quel que soit son centre se relie aux choses et prend contact avec elle. Il est la lumière qui éclaire l'existence. L'esprit peut être rendu aussi vaste que l'univers et même plus ou aussi petit que l'atome, peut être concentré, dilaté, multidirectionnel, projeté ou rétracté etc...

Tous les phénomènes de l'existence, physiques ou subtils sont perçu au sein de l'esprit. Ce qui échappe au champ de l'esprit n'est pas perçu. Chaque fois que l'on est attentif à quelque chose, notre esprit prend contact avec la chose à laquelle l'on est attentif. L'esprit est sous le commandement de l'individualité où qu'elle se situe, sous le commandement du corps à travers les instincts ou les pulsions, de la pensée lorsqu'elle nous dirige, ou de l'ego, de la supraconscience si c'est le sommet de soi ou du divin réalisé ou non. Livré à lui-même, il est toujours attiré par la sollicitation la plus forte. Le champs de notre esprit reste toujours limité car son énergie est limitée. Cette énergie est alimenté par la vie, le souffle, ou les forces de l'être.

Dans le sommeil l'esprit se retire progressivement en lui-même, en quittant la surface du corps et du monde extérieur, pour des niveaux dont nous n'avons pas conscience. Sans l'esprit il n'y aurait aucun lien entre le divin, le soi, la vie et la matière. Les quatre n'auraient pu se réunir. Perdons l'esprit, nous ne cessons pas d'exister mais rentrons dans le néant car l'on n'a plus aucun contact avec tout ni même avec soi-même. En Dieu, l'esprit, l'être et l'énergie ne font qu'un.

Jean-Michel Jutge