
Ensuite se produit une émergence dans l'univers local et un déplacement plus lent qui me permet de percevoir ce qu'il s'y passe autour. J'existe alors comme un homme perdu dans le vide intersidéral, et cela, les premières fois, peut donner le vertige, mais je n'y suis pas physiquement. Tout ceci ne se passe pas dans le cerveau, même si je garde une sensibilité de mon corps sur terre et de son environnement. Mais là ça dépasse la science.
Je vais encore dire certaines choses, pour que l'on comprenne bien ce qu'est l'homme et ses possibilités. Un jour je me trouvais en conscience planétaire, à l'occasion d'une descente de lumière comme il s'en produit parfois, et souvent je me retrouve dans l'espace, la terre s'étale devant moi, un peu comme les photos prises de l'espace. Et je me suis dis quelque chose comme cela : "tiens, je ne vais pas réintégrer ma conscience ordinaire tout de suite, je vais descendre vers mon corps et le visiter de l'extérieur".
J'avais donc une double perception, celle qui venait de mon corps physique qui était resté en méditation profonde, et celle-là autre par le coté "subtil" de l'univers. Alors je suis descendu vers mon corps, ça n'a pas été difficile de le trouver. C'est une chose vraiment curieuse. Je suis descendu lentement vers lui et me suis placé devant. Alors j'ai ouvert tout doucement les yeux du corps physiques, car je gardais un contrôle sur lui, et j'ai regardé ce qui était là, descendu du ciel.

Et donc j'ai vu descendre devant moi cet être qui était une autre partie de moi, celle qui voyageait à ce moment là autour de la terre. Je me voyais des deux cotés selon deux modes de perception différents.
Et j'ai eu la surprise de découvrir que ce corps subtil avait tout à fait la forme et l'apparence d'un être humain, portant même une longue robe couleur bordeaux un peu du style des moines tibétains, mais plus décorée et stylisé, des sortes de mocassins. J'avais une barbe courte, alors que je n'en porte pas, et un visage plus maigre. Ce jour là j'ai unifié les deux corps par l'extérieur, au lieu de le faire par l'intérieur comme habituellement, car c'est par l'intérieur de l'être que je voyage. Ce fut une expérience intéressante.

Jean-Michel Jutge