lundi 19 avril 2010

Fondre le "je" dans la Lumière

Le centre de soi correspond à une image, celle à laquelle nous nous identifions, celle de l'idéal que l'on porte, ou du désir projeté qui n'est qu'un fantasme du moi et pousse à vouloir posséder et enfermer dans une boite l'objet aimé qui est l'autre.

Comme l'objet est volatile, impossible à posséder, sauf s'il l'accepte dans sa liberté, donc impossédable tout de même, l'on s'enferme tout seul dans cette boite ne voyant pas que c'est cet acte même qui nous isole de l'objet, de l'autre.

Toutes les autres souffrances, de nature affective, en découlent. Mais le problème n'est ni le désir, ni les peurs, ni l'instinct de possession, car l'on peut aussi aimer se laisser posséder, mais le " je " qui est au centre qui n'est que l'image de soi, le soi qui vit tout ça ; qui est une illusion ne voulant pas disparaitre. Étant une illusion, tout ce qui s'articule autour ne peut être consistant.

Il est nécessaire de voir le " je ", le respirer, le dissoudre, le fondre dans la Lumière. Et l'on sera libre. Étant libre, non pas de l'autre mais de soi-même, l'on pourra aimer sans image, et l'autre est là.

Jean-Michel Jutge

vendredi 5 mars 2010

Le Bouddha et le Divin

Mis à part pour le Bouddha, les hommes que j'ai cité ( Abraham, Moïse, Jésus, Krishna...) étaient en relation directe avec Dieu, l'intelligence créatrice des mondes. La liste citée n'est pas exhaustive.

Le Bouddha, à ma connaissance, n'avait pas parlé de Dieu. D'ailleurs la plupart des mouvements bouddhistes ne se sentent pas concernés, et certains nient même l'existence de l'âme. Pourquoi ? Parce que l'éveil tel que le Bouddha en a parlé concerne l'esprit et pas l'âme, même si cet éveil lui profite aussi pleinement.

Ainsi l'on peut être "éveillé" dans le sens bouddhiste du terme, et ne pas avoir rencontré Dieu, ni même avoir pris conscience de l'existence de l'âme. Par contre l'esprit sera libéré ou tout au moins affranchi de toutes les impressions du passé, c'est à dire qu'il pourra pleinement vivre le présent sans projection et dans toute l'énergie disponible. Cela ne serait pas complet si l'on ne précisait pas aussi qu'il existe plusieurs profondeurs de cet éveil-là et qu'il doit passer par l'esprit de Bouddha, sinon nous ne parlons pas du même éveil.

Si le premier stade de celui-ci est bien la libération de l'esprit, par la réalisation de sa nature lumineuse, le stade suivant est la dissolution de toute la personnalité, toutes les peurs et tous les désirs, ce qui mène à l'équanimité. Bouddha avait réalisé ces deux stades en même temps. Mais cela ne s'arrête pas là, il y a d'autres niveaux encore plus profonds, celui de la compassion universelle, puis du corps glorieux... Ainsi même la voie du Bouddha finira par nous mener vers l'absolu.

... A priori les paroles du Bouddha ont été rapportées par ses disciples dans les sûtras, tout au moins concernant l'essence de son enseignement. L'intérêt de cet enseignement, c'est qu'il peut s'adapter à toutes les cultures et toutes les formes, puisqu'au-delà des formes et des cultures. Je pense que si l'on avait quelques "éveillés" authentiquement Bouddhique en occident, ils remodèleraient tout l'enseignement pour l'adapter à notre période culturelle et contemporaine. Et nous aurions une culture Bouddhique occidentale. Cela se fera peut-être un jour.

Mais il se trouve une relativité, même dans l'éveil, celui-ci n'étant finalement, et indépendamment de l'état intérieur, qu'un degré plus profond de la perception commune du réel. Pour preuve il ne souffre aucun statisme. Où se situe-t-il, l'éveil ? L'Eveil Bouddhique, celui de l'esprit, nous libère des mécanismes de l'illusion. Mais quelle illusion ? Il s'agit de celle projetée par les sens. Et cette illusion est celle construite par l'esprit autour de l'ego, cette conscience identitaire purement matérielle, temporelle et circonstancielle.

Libéré de l'ego, donc de la projection et même libéré des mouvements du vital, vivant dans le champ pur et complet de l'esprit, donc avec une qualité sensorielle et une énergie optimale, la perception n'en reste pas moins limitée au champs de l'esprit et de la sensorialité, et la plus grande part du réel nous échappera toujours...

mercredi 10 février 2010

Don

Lorsque l'on a remis totalement sa vie à Dieu, entre ses mains, notre volonté à la sienne, renoncé à soi pour que l'autre vive, lorsque l'on n'est plus que l'esclave de Dieu, sincèrement, honnêtement et authentiquement, alors Il nous relève et nous rend libre. Et toute action est issue de cette liberté. Et toute action est créatrice et constructrice de la nature divine car Dieu la soutient.

Inversement, celui qui cherche a affirmer son individualisme, son identité, sa différence en brandissant orgueilleusement sa liberté, celui-là se rend esclave de lui-même, et Dieu ne peut rien pour lui car tout ce qu'Il ferait serait vécu comme de la violence.

Heureux ceux qui savent s'abandonner car l'amour est à eux et leur coeur se remplira de la vie ....

Jean-Michel Jutge

dimanche 17 janvier 2010

Essence et naissance

C'est ainsi que je découvrais comment un jour fut intégré ce corps par l'essence. J'étais dehors, en attente de cette intégration, et soudainement je fus dedans. Comme une rupture de niveau. Quelle expérience extraordinaire ! Un fleuve de plaisir me submergeait. Je ne connaissais pas, avant cette intégration, une telle jouissance. Le contact avec la chair n'était que plaisir. Le fœtus investi n'était pas très développé. Quatre mois tout au plus. J'ai alors compris ce qu'était réellement le plaisir pour l'âme, et pourquoi nous y sommes si attachés. Cette expérience me montra qu'il existe un témoin extra-corporel formé hors du corps avant même la naissance de celui-ci et constituant une individualité à part entière. Toutefois je devais en apprendre plus, beaucoup plus tard.

C'est ainsi que je vis un jour l'origine de ce témoin. Alors que le fœtus se formait de son coté, une forme subtile, énergétique, animique se condensait petit à petit dans la proche banlieue terrestre. Pas plus loin que la lune, mais bien dans l'espace vide du cosmos. Et cette forme était sensible à toutes les influences cosmiques et stellaires du lieu. Elle restait d'ailleurs liée au fœtus, lui calquant sa forme, dans l'attente de son jour.

Avant d'exister sous cette forme, elle n'était que flux de vie, venant d'une lointaine région de l'incréé, qui a traversé les distances astronomiques du cosmos et de différents plans, avant de s'enrouler sous cette forme à l'image de l'entité qui l'attendait là en bas. Rien n'empêche de penser qu'au passage elle ait pu s'imprégner d'une partie de l'histoire de ces plans. Et j'ai voulu remonter ce flux, afin d'en trouver l'origine. Je suis remonté ainsi jusqu'à m'immerger dans cet immense être primordial, absolu, impersonnel, aspect divin du divin lui-même. Ce qui faisait l'essence de Jean-Michel, qui continua à se personnaliser jusqu'à ce jour, était issu de Dieu Lui-même. En Dieu cette essence n'avait pas de forme ni de partie, pourtant omniconsciente et omniprésente d'elle-même et du tout. Mais ce sans forme portait tout de même une caractéristique propre, en potentiel, qui devait orienter toute la vie de l'individu qu'elle devait fertiliser.

Ce qui est plus étonnant encore, c'est que cette essence sans forme côtoyait d'autres essences sans forme avec d'autres caractéristiques, dans une unité fondu de l'être primordial, et que ces autres essences ont émané de leur coté les individus incarnés les représentantes. Et plus étonnant est qu'aujourd'hui j'ai retrouvé la plupart de ces individus, que je les ai reconnus, parfois réciproquement, comme frères d'essence dans l'essence même. Voilà pour la petite histoire. Je ne veux pas présenter celle-ci comme une généralité, je ne peux parler que pour ces quelques individus.

Si l'essence primordiale semble ne pas porter d'histoire propre à l'humain, elle possède néanmoins une caractéristique "vibratoire" qui va d'une certaine manière conditionner l'individu. D'autres expériences m'ont révélé que cette essence individuelle reste liée à sa source d'origine, elle en est comme une émanation permanente. Qui plus est elle peut grandir, alimentée par le haut, tout au long de l'existence. Elle peut grandir, alimentée par les autres essences, et elle peut potentiellement grandir jusqu'à unifier en elle toutes les essences de toute l'humanité et de tout ce qui a existé. Il est probable qu'il faille l'éternité pour réaliser cela, et c'est peut-être la direction finale de la création, le tout dans la partie. Dans ce cas, en transposant l'idée de réincarnation sur ce plan, nous pourrions bien être potentiellement la réincarnation de toute l'humanité, et de tout ce qui a porté une essence divine.

Jean-Michel Jutge

mardi 29 décembre 2009

Le Coeur

Au centre, si nous parlons du coeur, il y a Dieu, l'infini, l'univers, la création. Ce mystère-là nous ne le comprenons pas, le coeur est comme une fenêtre ouverte sur le tout, ce n'est pas la fenêtre des sens, c'est l'autre coté réalisé par l'enstase, donc pas de centre.

Le coeur est le point de convergence de toute l'existence. La conscience, l'esprit, l'âme, le divin, l'expérience, tout en finalité est vécu là, même si de là chacun des aspects trouve son prolongement dans sa sphère propre. Prenons l'exemple des sens. Ils véhiculent l'information pour la transmettre à l'esprit, puis l'esprit la mature pour la rendre cognitive, la cognitivité est finalement retransmise au coeur. Cela construit la psyché, ou l'âme selon notre état intérieur. Mais vivant à la périphérie de soi, on n'a véritablement conscience que de ce qu'il se passe à la périphérie, dans les sens, c'est pour cela que l'on y attache beaucoup d'importance. Plus on va profondément, plus cela nous échappe, et au centre nous n'existons pas. Le pourquoi de cela peut trouver de nombreuses explications, mais mieux vaut le prendre comme un fait, une réalité de l'humain.

C'est par la connaissance de soi que l'on peut finir par ouvrir le chemin vers le coeur. Mais dans le cas de la particule, il y a comme une grâce qui vient du centre et qui l'éveille jusqu'à purifier la conscience, l'esprit, les sens et finalement le corps. Bien sûr les deux chemins peuvent être menés de pair ce qui ne fait qu'accélérer les transformations.

Pour que l'activité de la particule devienne naturelle, le centre de la conscience doit y mourir. Notre centre c'est notre ego. C'est donc le soi, le soi ordinaire. Et que l'on ne se dise pas "je n'ai pas d'ego". Même si l'esprit est libre de la personnalité, même si l'on n'a plus de personnalité du tout, il y a une mort intérieure qui doit se faire dans la particule. Il n'y a qu'en la vivant que l'on peut comprendre la nature de cette mort, et cette mort ne peut se faire sans s'être totalement tourné vers l'autre, c'est comme un double mouvement, le don total de soi qui mène à la mort totale de soi, qui ne se fait pas automatiquement mais en toute conscience, on sait ce que l'on fait, on prend la responsabilité de sacrifier le soi. Je sais que c'est difficile à comprendre, et même anti-naturel, dans un monde où tout est fait pour exalter le soi, même souvent la spiritualité.

Jean-Michel Jutge