vendredi 18 février 2022

Unité des âmes

 

Être l’autre dans l’unité des âmes n’est pas un processus d’identification qui passe par l’esprit ou la conscience, bien que la conscience doive elle aussi pouvoir trouver son unité. C’est un processus de l’âme. L’unité de l’âme nécessite certes une disponibilité intérieure qui ne peut avoir lieu que dans la liberté de l’esprit, même si celle-ci n’est que ponctuelle.

 L’âme dans cette unité touche, goûte à ce avec quoi elle est en contact, s’en imprègne et devient cela en essence. Au point que l’âme existe alors dans les choses qu’elle a touché et gouté. Ainsi elle existe et pose sa présence partout où elle se développe. Ce qui constitue aussi une pénétration du Divin dans la forme et le temps, Lui qui est au-delà des formes et du temps. 

L’amour entre deux êtres qui nait de cette communion fait que nous devenons l’autre et existons aussi dans l’autre, non pas par identification, mais parce que nous partageons alors avec l’autre quelque chose qui est de la nature de l’absolu, du Divin, et en même temps de la nature du personnel. Cet amour lie les êtres de manière beaucoup plus puissante et intemporelle que l’amour humain que la plupart connaissent, qui se tisse et se défait au gré de nos conditions. Et lorsque notre âme devient universelle, nous pouvons sentir battre dans notre cœur le cœur de toute l’humanité, et la présence de toutes les âmes, indépendamment des cultures, des conditionnements, des personnalités. Comment ne pas se sentir alors solidaire de toute l’humanité.

Cet amour ne se cultive pas. Mais il grandit à travers notre propre développement intérieur.

Jean-Michel Jutge

dimanche 19 décembre 2021

Le présent

 

Il n'y a jamais rien de similaire ni de répétition dans l’existence. C'est nous qui projetons sur le présent les images et sensation du passé, puis traduisons le présent en fonction de cela. Ceci constitue le filtre de la conscience. Mais la vie est toujours neuve.

 Lorsque nous ne vivons plus que dans l'image et le passé, la vie finit par nous quitter, car nous sommes cristallisés, nous passons à côté des choses, nous interprétons tout, et notre comportement n'est plus adapté au réel. C'est un cas extrême, mais cette réalité est plus ou moins présente chez tout le monde. Cela n'est pas propre à quelques individus, c'est une condition de la nature humaine, quelle que soit notre situation, et presque personne n'en est libre intérieurement parlant.

Jean-Michel Jutge

mardi 23 novembre 2021

Tout individu...



 Tout individu voit l'univers à partir de son propre centre, ce qu'il est, sa propre sensibilité, sa propre conscience, son identité, ses idées et projections etc. Et on ne voit pas, ou très peu, ce qui fait partie de l'autre, car tout cela forme un filtre. Sauf dans l'amour, où nous devenons l'autre pour ce qu'il est dans l'instant. 

Et même là encore, il faut relativiser, car on ne peut jamais connaître l'autre complètement, qui est un être vivant et donc évolue à chaque instant. Et donc il faut commencer par soi, voir comment tout cela fonctionne dans notre relation avec les choses, les autres et l’univers, sans jugement, sans à priori, pour la joie de découvrir et se découvrir, et la liberté qui en découle.

Jean-Michel Jutge

dimanche 10 octobre 2021

La nature de l'ego

 


Pour comprendre la nature de l'ego, il est d'abord nécessaire de l'extraire de tout contexte particulier, puis de voir simplement son mode d‘expression et sa structure générale.

L'ego fait partie du mécanisme de la conscience. Il se construit à travers l'image et l'expérience, il est au sommet de la personnalité, et sa base est de nature psychoaffective. Entre cette base et ce sommet se trouve tous les éléments de notre personnalité. Il est donc impossible de critiquer ou de juger l'ego sans se juger soi-même. Car ce mécanisme est inhérent à ce qu'est la nature humaine. Il faut donc le comprendre pour en être libre, et c'est tout le travail de connaissance de soi.

Après, que cet ego se projette dans nos activités, et que celles-ci soient d'ordre sociale, personnel, spirituel, matériel ou autre, ce ne sont que des particularités liées à nos choix de vie qui révèlent simplement les situations où nous nous impliquons personnellement et auxquelles nous nous attachons. Se libérer de tout cela nécessite donc de comprendre toute cette nature psychoaffective, celle de nos attachements, comprendre ce qu'est la liberté et l'amour etc. Ce qui est tout un programme et présente de nombreuses difficultés, beaucoup de vigilance, de la sincérité, et une démarche authentique d'intégration de soi. Ne pas simplement chercher à se faire plaisir et contrôler.

Jean-Michel Jutge

      

samedi 4 septembre 2021

Le mensonge

 


Nos mensonges inconscients, ce sont d’abord les histoires que l’on se raconte en les prenant pour la vérité. Elles prennent parfois une forme très particulière, cela commence d’abord avec un mensonge conscient ou par l’acceptation d’une distorsion dans le vrai, et puis on cherche des arguments pour le justifier, ensuite on finit par se convaincre que cela a de la valeur et on crée un système qui en fera une vérité. 

A la fin on a oublié la manière dont tout cela s’est construit et ça devient une vérité admise, revendiquée, un système, voire une autorité. Et c’est comme cela que la société éduque ses enfants dans toutes sortes de mensonges et de comportements devenus la norme et qui sont en général acceptés sans grande réflexion, et sans même l’idée qu’il y a quelque chose à remettre en question. C’est ce qu’on appelle le conditionnement, qu’il soit culturel, social, religieux ou autre, cela revient au même. Et même celui qui réagit contre tout cela, ne fait que répondre à un conditionnement.

Pour mettre à jour le conditionnement, cela commence par la connaissance de soi et celle des mécanismes de la conscience. Mais aussi faire le choix d’une vie juste et intègre, au-delà des intérêts personnels, ce qui n’est pas simple ni évident pour la plupart, mais la seule réponse possible face à l’état de la nature humaine. Ne pas faire ce choix, c’est quelque part contribuer au mensonge global. On voit dans ce fait, qui n’est qu’un élément parmi tant d’autre, toute la difficulté qu’il y a à se changer, et à vouloir faire évoluer ce monde.


Le mensonge volontaire a souvent une cause, la peur, l’intérêt, le désir, l’exploitation, la jalousie etc. d’autre fois non, il peut être pur réflexe, comme un conditionnement, un idéal, une nécessité sans logique, ou même inconscient.

Face à un mensonge qui nous implique, il faut d’abord en comprendre la cause ou l’origine. Et en fonction de cela trouver l’attitude adéquate. Mais chaque situation est différente, et n’appelle pas forcement la même réponse.

De manière générale, il faut faire comprendre que le mensonge, l’isolement, la fermeture, le refoulement, l’égoïsme, la violence, tout ce qui détruit la conscience et l’amour, ne sont pas la solution. Pourtant toute notre société est construite sur ces comportements. On exalte l’image, le profit, le matérialisme, la compétition, l’individualisme etc. Et chacun cherche à avoir sa place au soleil. Mais si nous nous sentons liés à tous les êtres humains, on commence à se pencher sur les vrais problèmes, où qu’ils soient, et trouver des solutions qui soient humaines. Rien n’est facile ni simple, mais chacun avec ses compétences peut agir là où il se trouve, à son propre niveau. 

Et parce que l’on choisira plutôt l’honnêteté, le service, les actes intelligents et créatifs, l’entraide, etc. alors cela aura un impact sur le tout qui peut-être, à un moment donné, fera basculer le monde et la société vers autre chose. Nous en sommes loin, mais il faut voir que notre particularisme individuel n’est pas séparé du tout. Notre petite vie personnelle a des répercussions sur la vie de tous. Et le peu que nous ferons, pour remettre de l’ordre dans notre vie et nos relations, sera toujours mieux que de ne rien faire.

Jean-Michel Jutge

mercredi 28 juillet 2021

Liberté et conditionnement

 

La liberté est-elle quelque chose qui s’atteint ? La réponse est assez paradoxale. D’un côté il y a le conditionnement, auquel nous nous identifions, et qui agit dans notre vie et sur notre état intérieur de différentes manières. Alors bien-sûr il est nécessaire de comprendre tout ce conditionnement, s’en libérer afin de remettre l’énergie et la vie en circulation, afin de pouvoir aborder l’existence sans toutes les projections qui en sont issues et qui orientent fatalement notre perception, notre conscience, et la manière dont nous vivons les choses. 

Mais si on ne s’appuie que là-dessus, on risque fort de n’en voir jamais le bout, car notre conditionnement personnel est lié au conditionnement de l’humanité, qui est lui-même lié à toutes les sphères occultes de la planète, qui sont elle-même liées à toute l’histoire de l’univers etc. ce qui voudrait dire que la liberté complète ne sera là que lorsqu’on aura résolu toutes les problématiques personnelles, celle des autres, du monde et de l’existence totale …. Je ne dis pas que c’est impossible, mais de fait personne ne l’a encore réalisé, car sinon l’être humain lui-même ne serait pas là où il est actuellement. Concernant la liberté, il faut donc envisager une autre piste que celle du déconditionnement, c’est celle de la désidentification de l’esprit. L’esprit est identifié, au moi, à la personnalité, au corps, aux sensations, aux émotions, à la pensée etc. et bien entendu à toute la structure interne formant notre conditionnement. 

Cette identification est le vrai problème. Car d’une part, il n’y a pas besoin de temps ni de travail particulier pour sortir de l’identification. Et il est certain que cela arrive parfois. Mais ces moments de plénitude sont toujours récupéré par l’esprit, dès qu’ils apparaissent, la pensée cherche à leur donner continuité, et nous revoilà dans le temps et l’identification. Mais l’esprit est libre par nature, il s’agit simplement de voir les mécanismes de l’identification, du temps intérieur, de la projection, de la poursuite du moi, tout le fonctionnement de base de l’esprit, de la pensée et de la conscience, pour se rendre compte que finalement nous pouvons être libre à chaque instant, libre de notre passé ou de ce que nous projetons, comme nous pouvons aussi nous y identifier. 

Le mensonge ici consiste à se faire croire que ce n’est pas possible, ou qu’il y a un intérêt à rester identifié, qu’on risque de perdre quelque chose, que c’est trop difficile à atteindre - alors même qu’il n’y a rien à atteindre - ou je ne sais quoi d’autre. Il faut certes beaucoup de sérieux pour se pencher sur ces questions, sérieux veut dire qu’on ne cherche pas à nourrir le moi. Mais c’est à la portée de tous, l’esprit est déjà libre par nature.

Jean-Michel Jutge


mercredi 23 juin 2021

L' Amour du Divin

 

On ne peut aimer Dieu si nous n’aimons pas les humains. Je ne parle pas de sentiments, mais de l’amour qui nous fait reconnaître l’autre comme une partie de soi-même, et qui fait qu’on ne peut y être indifférent. 

Par ailleurs, l’amour du Divin doit passer directement par le cœur, il ne peut s’enseigner. Il devrait être l’aspiration naturelle du fils, ou de la fille, envers le Père qui a donné la vie, et la gratitude qui va avec. 

Alors l’enfant se reconnaît dans le Père, et le Père dans l’enfant. Et l’amour est là. Ce lien là, nous l’avons perdu. Toute la difficulté est de pouvoir le retrouver. Le Père saisie la moindre occasion dans l’existence pour le rétablir, et parfois il viole même notre confort pour y arriver, mais le problème ne vient pas de Lui. Il est là, attends et patiente que l’être humain puisse s’ouvrir, grandir, et tourner son regard non plus vers lui-même mais vers ce qui fait la vie.

Jean-Michel Jutge

dimanche 23 mai 2021

La vie intérieure

 

La vie intérieure est unique pour chacun, même s’il est possible d’en déterminer des constantes universelles. Aussi, il est impossible d’établir une règle ou une loi précise de ce qui peut être vécu, et applicable à tout le monde. C’est à chacun d’arriver à déterminer pour lui-même ce que peut être la réalité des expériences intérieures, d’où elles viennent, et quelles sont leurs illusions. Et parmi celles-ci nous pouvons distinguer deux types d’expériences, celles de l’esprit, et celles de l’âme.

La conscience par exemple est capable de générer toutes sortes d’expériences d’une grande clarté perceptible, même si elles sont parfois de l’ordre du symbole. Les visions de la conscience n’ont tout de même pas l’impact transformateur que peut avoir une initiation de l’âme ou de la Lumière divine, bien que ces expériences puisse être unificatrices, ou révéler les mouvements profonds de la conscience. Il faut savoir reconnaître ce type d’expériences et les distinguer de celles de l’âme. Cela se passe dans les mouvements du soi. 

Tout le problème consiste à ouvrir des brèches dans la forteresse de notre conscience pour que celle-ci devienne malléable et qu’on puisse la transformer. Alors il arrive, notamment sous l’effet du travail intérieur, que la limite entre la conscience personnelle et la conscience collective s’atténue, voir disparaisse. Alors, on peut aussi vivre toutes sortes d’expériences en rapport à cette conscience collective.




Là où c’est intéressant, c’est lorsque l’âme et la Lumière divine ouvrent elles-mêmes des brèches dans tout cela et y introduisent la Lumière, nous révélant la nature réelle de soi et du monde. L’expérience devient alors initiatique et fait évoluer l’âme, modifie l’état énergétique et nous réaligne sur le vrai. 

Lorsque ces trois éléments ne sont pas présents, évolution de l’âme, modification de l’état énergétique, et réalignement, c’est que ce sont des expériences de l’esprit. Et cela même si elles sont lumineuses, touchent à la conscience ou sont de nature archétypales. Parfois les expériences de l’esprit sont aussi induites par la Lumière divine. Mais ne pouvant atteindre les profondeurs la Lumière se mélange avec toutes sortes de choses, rêves, symboles, désirs. Il faut alors savoir discriminer la part de ce qui vient de la Lumière et celle qui vient de soi ou d’ailleurs.

Et il y a aussi les expériences du monde astral, qu’il faut aussi apprendre à reconnaitre, qui peuvent être puissantes énergétiquement ou émotionnellement, mais non de nature absolue.

Le travail de la Lumière de Grâce, en ouvrant  la sensibilité sur toutes les dimensions, peut appeler toutes ces expériences indistinctement. Mais dans un stade de développement ultérieur tout se purifie et il ne reste que la Lumière divine et son travail de transfiguration.

Jean-Michel Jutge

samedi 20 mars 2021

L' Âme et l'esprit


L’action de l’âme et celle de l’esprit ne sont pas les mêmes. L’âme sait les choses sans avoir besoin de les penser, elle s’exprime dans l’amour, l’intelligence pure et la créativité. L’esprit raisonne, suit sa logique, pense le monde bien souvent, avant de l’appréhender. L’action de l’âme est spontanée, bien souvent on la découvre en même temps qu’elle s’exprime, elle s’appuie sur le réel. Alors que l’action de l’esprit procède souvent du connu, du passé. Il est intéressant de distinguer en soi ces deux aspects. 

Leur devenir est l’unité, l’âme est l’esprit doivent finir par fusionner. Vous êtes à ce moment-là entièrement l’âme, le « je » ne se situe plus dans l’esprit. Il n’y a d’ailleurs plus de personnalité dans le sens que l’on donne habituellement à ce mot. Chaque être humain en potentiel peux vivre cette croissance spirituelle ou incarner le Divin. Nous devrions tous être des dieux, à l’image du Dieu unique. Mais entre ce que devrait être l’humanité et ce qu’elle est, il y a un fossé immense que bien peu tentent de combler.

Jean Michel Jutge

samedi 23 janvier 2021

Réalisation du soi

Qu’appelle-t-on la réalisation du soi ? Car ce mot a plusieurs significations selon à quoi les auteurs se réfèrent. Certains en parlant du Soi parlent de Dieu, d’autres de la conscience dans son aspect universel, d’autres encore de la conscience individuelle, personnelle, ou bien encore de l’âme, du moi etc. Donc à quoi se réfère-t-on lorsqu’on parle du soi ?

Toute forme de réalisation, au moment où elle est vécu, est accompagnée de fortes énergies, émotions, découvertes, prises de conscience etc. avec toujours une ouverture de la sensibilité dans une certaine direction, c’est chose naturelle. Parce que le moment est neuf, la vie est alors intense. Mais il faut différentier l’intensité de cet instant, de l’ouverture produite. L’ouverture avec le temps reste mais peut perdre de son intensité de vie, car elle s’intègre, elle finit par faire partie de nous, nous la vivons alors naturellement. 

Mais cela ne présume pas qu’il ne puisse y avoir d’autres réalisations et ouvertures, d’autres découvertes qui créent d’autres intensités de vie, émotions ou énergies. En fait il ne faut s’attacher à rien, la vie est un renouvellement perpétuel. A travers elle nous découvrons, nous grandissons, et si nous allons toujours de l’avant, sans nous arrêter à rien mais en mesurant tout de même chaque fois toute la portée de nos réalisations, alors notre route est parsemée de réalisations diverses, apportées par la vie elle-même et le Divin, jusqu’à ce que l’intensité elle-même devienne naturelle et que l’expansion soit permanente. Pour cela le soi lui-même doit avoir disparu, mais tout dépends de ce que nous appelons le soi.

Jean Michel Jutge


mercredi 11 novembre 2020

Multiple possibilités d'évolution

 

Les possibilités de développement intérieur sont multiples. L’homme, depuis qu’il reçut une âme puis a chuté de son statut divin, a exploré de multiples possibilités d’évolution, souvent alimentées, nourries ou révélées par de grands prophètes, avatars ou missionnés divins. Ou tout simplement des êtres éveillés tel l’a été le Bouddha. Toutes ces possibilités de développement présentent parfois des points communs, d’autres fois de grandes différences, qui se mélangent en diverses proportions. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’il n’y a pas un axe unique d’évolution. Ce qui est offert à l’homme est multiple, et les possibilités de réalisation sont multiples, avec toutes leurs caractéristiques. Il est pratiquement impossible dans une vie d’homme de pouvoir aborder tout ce qui existe dans ce domaine. Aussi la tendance est de se spécialiser dans une direction particulière, vers une réalisation particulière, et à partir de celle-ci, éventuellement explorer les autres domaines, sachant que cette exploration est sans limite. Car le Divin peut toujours ouvrir à l’homme de nouvelles possibilités d’évolution.

Parmi toutes ces possibilités il s’en trouvent certaines qui sont rattachées à la croissance de l’âme, comme les voies christiques par exemple, d’autres qui sont liées à la nature de l’esprit, telles les démarches bouddhistes, ou de la conscience, telles les voies de la réalisation du soi. Mais toutes ces voies sont très différentes les unes des autres, ne donnent pas le même résultat, et ne concernent pas les mêmes parties de soi dans leurs développement. Et souvent nous les confondons, faisant des amalgames d’où il est difficile d’extraire une compréhension cohérente, ou même créant un système de compréhension pour unifier les contradictions, mais qui n’a plus rien à voir avec la réalité des choses. La confusion vient du fait que peu d’individus ont réalisé la grande unité de l’existence, et l’on se focalise en général sur l’un ou l’autre de ces mouvements. 

Globalement ceux qui se rattachent à Dieu et à la croissance de l’âme parlent plutôt d’action, qui est l’action de l’âme, il faut bien le comprendre. Car Dieu nous envoie toujours vers le monde, et l’âme se sauve aussi en sauvant les autres. Alors que ceux qui se rattachent à l’éveil de l’esprit parlent plutôt de contemplation et du non agir, qui est la non action de l’ego, il faut bien le comprendre. Ce chemin est issu principalement du bouddhisme mais pas seulement. Mais les deux ne sont pas contradictoires, ils se complètent même harmonieusement, car l’action de l’âme n’est jamais aussi efficace que quand l’ego se tait. Et l’esprit n’est jamais autant lucide que lorsque Dieu nourrit l’âme à travers l’action. 

Les deux mouvements pour une mutation accélérée sont indispensables l’un à l’autre. Quant à la réalisation du soi, elle contredit l’extinction du soi qui a lieu dans les voies bouddhistes ou même christique. Pourtant toutes ces choses ont un sens et se complètent parfaitement. Ce sens ne peut être découvert et compris dans son essence que dans l’expérimentation, et c’est encore dans l’expérimentation que l’on peut créer la grande unité de la Vie et des multiples possibilité qui s’offrent à l’humain. L’approche intellectuelle, idéaliste, ou simplement métaphysique ne peuvent suffire sans une profonde expérimentation.

Jean-Michel Jutge


mardi 13 octobre 2020

La sensibilité

 

Le monde qu'a construit l'homme n'est pas fait pour des êtres sensibles. Nous parlons de cette sensibilité qui donne accès aux réalités transcendantes de ce monde, mais aussi immanentes. Ce monde a été construit et développé par des êtres pour qui la sensibilité est une donnée inexistante. Les personnes sensibles en sont bien souvent les premières victimes. Au milieu de celui-ci, il est déjà difficile pour quiconque de se développer de manière équilibré et créative, alors que dire de ceux qui portent une telle ouverture. L'Eveil de l’esprit est aussi l'ouverture de cette sensibilité au monde, sans restriction, dans la vulnérabilité.

 La première des choses lorsque se produit cet éveil est d’apprendre à accepter cette vulnérabilité, de savoir se situer dans notre rapport aux autres, pouvoir écouter tout le monde, mais apprendre aussi à voir par soi-même. Ce qui est la garantie d'un équilibre. Par exemple si je vous dis une chose, et que cela vous parait judicieux, exact, de bon sens, ce sera vous qui l'aurez-vu et cela vous appartiendra. Mais si vous l'acceptez parce que vous me donnez de l'autorité, sans le voir, cela vous décentrera de vous-même et n'apportera que confusion, même si ce qui est dit est vrai. Je ne sais pas si vous comprenez.

Ce que l'on découvre et voit par soi-même est plus important que tous les bons conseils qu'on pourrait suivre, car alors vous vous construisez dans l'intelligence, le bon sens, la perception du vrai et des faits, les actes qui en découlent sont sains. Alors qu'importe que l’on ne comprenne pas tout d'un coup. Dans l'ouverture tout finira par venir, tout ce dont on a besoin. Et cela n’empêchera pas de communiquer et de partager avec qui que ce soit qui est prêt à vous entendre et à partager avec vous. Et dans ce cas-là, il y a vraiment relation.

Jean-Michel Jutge

lundi 14 septembre 2020

Esprit et sensibilité

Lorsque la sensibilité est ouverte, il est possible de communier avec l’esprit de toutes choses. Prenons l’esprit de l’arbre. L’arbre reste vivant même coupé, car ses cellules le sont, et son esprit peut l’habiter encore longtemps. Même une plante sèche peut garder son esprit, on utilise ce principe en alchimie en ravivant l’esprit d’une plante médicinale séchée, dans sa teinture, pour qu’elle agisse à la fois sur un plan physique et un plan plus subtil. Et même chez un animal mort son esprit peut rester un certain temps avant de retourner à l’esprit collectif de l’espèce, car les animaux n’ont pas d’âme, donc pas d’individualité en propre. Pour qu’ils gardent cette individualité dans le décès, il faudrait une intervention supérieure. Et même dans le minéral se trouve un esprit, plus dense, plus profond, plus difficilement accessible mais qui porte une grande beauté.

Si vous en avez l’occasion, essayez sur un grand arbre bien vivant planté au sol de prendre contact avec son esprit en posant vos mains dessus. Vous devriez pouvoir sentir sa force, son énergie, sa sensibilité. Et inversement communiquez-lui votre énergie, ils y sont très sensibles. Et lorsqu’il s’agit d’une force divine, ils l’intègrent automatiquement à leur propre nature, l’arbre gardera ensuite cette force divine pour la déployer autour de lui.

Jean-Michel Jutge

samedi 8 août 2020

Anges

Tous les anges avec lesquels nous avons été en contact ont toujours eu une paire d'ailes. Le rapport que l'on établit avec ces créatures passe par l'esprit et l'âme, il est toujours une nourriture pour l'âme qui s'en trouve grandit. Un ange n'apparaît pas toujours forcement de la même manière, son énergie et sa Lumière peuvent changer selon les besoins ou les circonstances. Sa communion avec notre être intérieur peut nous imprégner de sa nature au point que nos corps subtils en acquière les propriétés. Ainsi il n'est pas rare de se retrouver tel un ange, avec des ailes de Lumière, lorsque cette nature nous pénètre, mais ce n'est qu'une projection de leur propre nature subtile.

De ce que j'ai pu constater dans les différents mondes divins habités par des anges, leurs ailes s'appuient sur le souffle divin comme les ailes des oiseaux peuvent s'appuyer sur l'air. Elles servent donc à se déplacer d'une dimension à une autre. Lors de mes voyages dans ces dimensions, il n'était pas rare que je me fasse porter par un ange lorsqu'il s'agissait de s'élever dans la Lumière et de changer de plan. Jusqu'au jour où par une initiation divine je reçu moi-même dans mes corps subtils une paire d'aile qui m'étaient personnelles et me permirent toutes sortes de déplacements. Je n’en témoigne pas par vanité, mais pour présenter les différentes possibilités qui s’offrent à l’évolution humaine. D'autres créatures que les anges portent des ailes dans ces dimensions, telles les licornes aillées par exemple.

Jean-Michel Jutge

samedi 4 juillet 2020

La vague et l'océan



La tradition de l’Inde a une très belle image pour qualifier notre unité avec le Divin, c’est l’image de l’océan et de la vague. Nous sommes la vague sur l’océan, donc en tant que vague nous avons ce sentiment d’en faire partie, d’être lui. Mais nous ne sommes que la vague, pas l’océan. Toutefois en certaines circonstances, nous pouvons devenir vaste, très vaste, communier avec la vastitude de l’océan et partager avec lui ses qualités créatrices. 

Mais il faut avoir conscience qu’à ce moment-là ces qualités nous sont données par le Divin, elles ne nous appartiennent pas en propre. Et ces moments sont des moments d’unité qui nous font grandir, mais aussi nous rendent humble en nous faisant prendre conscience que nous ne sommes finalement qu’une infime particule au sein de Dieu qui ne doit son existence que parce qu’il l’alimente en permanence.

Jean-Michel Jutge

mardi 26 mai 2020

Environnement et Libération



J’ai bien conscience que l’environnement humain ne favorise pas un travail de libération. Car toute la structure humaine, le mouvement social, pousse en sens contraire. Pourtant c’est au milieu de cela qu’il faut agir, et qu’il faut faire. Et plus on avance, plus on devient sensible à ce décalage, entre notre démarche, et la tendance commune. Le réflexe qui nait est alors le protectionnisme, et parfois l’isolement. 

Mais le protectionnisme et l’isolement ne font que contribuer à maintenir la tension interne. Il faut comprendre que ce n’est pas la solution, même face à la peur. Et donc apprendre à accepter cette vulnérabilité est nécessaire. Le monde est brutal, blessant. L’amour, la compassion, la compréhension par l’autre, auxquels chacun aspire légitimement font souvent défaut. 

Mais c’est aussi au milieu de cela que l’on avance, et si on ne peut apprendre à l’autre à être différent, nous pouvons essayer d’être par l’exemple et commencer à aimer soi-même, ce qui veut dire là aussi accepter la vulnérabilité. Ce mouvement fait aussi partie de l’ouverture dont j’ai déjà parlé. Il nous faut créer ce qui fait défaut à la nature humaine, et cela ne peut commencer que par soi .

Jean-Michel Jutge

samedi 11 avril 2020

Être Cosmique



L'essence de Dieu vit en tous les hommes. Le problème est de pouvoir la réveiller, faire en sorte qu'elle devienne vivante, dynamique, expansive. Car le mode de vie actuel de l'être humain ne favorise pas cela, tout est fait dans nos sociétés pour étouffer l'âme naissante. De fait, le pouvoir qu'a établie la personnalité sur notre nature humaine ne permet pas un éveil de cette âme. Mais en potentiel, tout être humain a la capacité de laisser pulser Dieu en lui.

 Dans cette expansion, nous devenons des êtres cosmiques. Non pas symboliquement, mais notre âme peut englober tout l'univers, porter les étoiles en elle, les galaxies et le cosmos, et même créer dans cet univers et dans son unité avec le Divin. Là est le rôle que Dieu a donné à l'homme lorsqu'il lui a offert une âme. Retrouver cette ascendance divine et cosmique, universelle, fait partie du développement intérieur. Nous sommes nées de la Terre, mais nous sommes nés aussi des astres et des étoiles, pas seulement physiquement parlant, mais aussi à d'autres niveaux existentiels, plus profonds que notre matière.

Jean-Michel Jutge

samedi 7 mars 2020

La peur


La peur est une énergie qu'il faut apprendre à remettre en circulation. Lorsqu'elle est là il suffit de la regarder telle quelle, en tant que sensation, sans son objet, sans la fuir. Elle atteint alors un paroxysme puis disparaît, l'énergie est libre. Cela demande un peu d'apprentissage pour que ce soit efficace, car ce n'est pas une attitude naturelle face à la peur et cela ne vaut que pour les peurs psychologiques. 

Nous parlons ici de la peur que l’on projette sur l’existence, et qui nous fait perdre le contact avec la réalité. 

La peur reste le problème central de tout être humain. Aborder le problème de la peur est un élément important de toute démarche intérieure, et il est nécessaire d’apprendre à vivre avec la peur de manière à ce qu’elle ne soit plus un problème. Mais le savoir ne sert à rien si on en reste là. La prise en connaissance des choses ne constitue que l’information de départ, mais elle n’a aucun pouvoir transformateur. 

Dans cette démarche c’est l’intelligence qu’il faut développer, et la créativité face aux peurs. La connaissance doit déboucher sur des actes. Les actes à poser face à la peur nécessitent d’identifier les problèmes, connaître ses peurs, ne plus les fuir, et plonger en elles afin d’en libérer l’énergie. Mais tout ceci s’apprend, ce n’est pas inné, il faut s’y prendre petit à petit, essayer et réessayer, particulièrement dans les moments de calme et de paix, jusqu’à ce que le processus d’intégration des peurs soit naturellement installé. 

Alors la peur n’est plus synonyme de souffrance, mais d’évolution, car elle devient chaque fois un mouvement libérateur de l’énergie et de la conscience. Et cela crée l’ancrage. Chacun a l’entière liberté de se pencher ou non sur la question. Et c’est à chacun d’en apprécier ou non la pertinence.

Jean-Michel Jutge

lundi 3 février 2020

Le processus de la Lumière de Grâce



Trois phases de développement passent par le processus de la Lumière de Grâce.

La première est la phase de la sensibilisation. Cela se résume à être mis en contact avec les forces divines, de manière sensible tout d’abord, puis de manière consciente, et à faire en sorte qu’elles se développent en soi. C’est un contact qui passe par l’esprit. Ensuite il est nécessaire de le mettre en œuvre aussi souvent que possible dans nos vies quotidiennes, pour que les forces divines soient actives même lorsqu’on ne les travaille pas.

La seconde est la phase d’enracinement pour ainsi dire, c’est un enracinement qui se fait dans le cœur, et qui a lieu lorsqu’on a suffisamment développé la première phase et que la Lumière pénètre suffisamment profondément pour aller toucher le cœur. L’âme est alors nourrie et la particule divine sollicitée. Dans la seconde phase c’est la prise en charge des forces et leur intériorisation qui compte.

La question d’un conflit éventuel entre nos deux natures, celle de la personnalité, et celle de l’âme en développement, ne se pose que dans les deux premières phases où subsiste une identité. Le conflit se résout par la collaboration de cette identité, ou même l’effacement, c'est-à-dire la mort intérieure qui est beaucoup plus présente dans la troisième phase.

La troisième phase part du cœur lui-même, la particule divine est active et émet un processus de rayonnement. L’espace divin du cœur se développe et l’âme croît indistinctement dans les aspects du corps, de nos énergies ou de la conscience. C’est dans cette phase plus particulièrement que rentre en œuvre les mécanismes de mort intérieure. Ici c’est l’abandon de soi qui compte, l’apprentissage de la mort intérieure et la dissolution du soi, car le soi est l’obstacle principal. Plus le soi saura se fondre dans l’âme, plus celle-ci gagnera en créativité, en intelligence et en amour, et plus son rayonnement pourra pénétrer le corps et les énergies vitales pour leur transformation. 

La mort intérieure est complète lorsque l’individualité, l’ego se sont fondus dans l’âme, avec une renaissance qui se fait à travers elle. Nous sommes alors la Lumière, le Christ intérieur, et à la source du processus. Il n’y a plus alors de distinction entre les deux natures.

Jean-Michel Jutge

mercredi 25 décembre 2019

Le Mystère



Dieu m’avait montré un jour que c’était la même force qui était à l’origine de toutes les créations, la même source créatrice. Il avait appelé cela « le mystère ». C’est la même création qui passe dans le ventre de la femme par la croissance du fœtus, qui passe dans la galaxie par la création de la vie mais aussi à Arès lorsque Dieu s’y est manifesté ou dans la procréation des espèces. 

En l’occurrence c’est par la maitrise et la libération de cette force que l’on peut agir sur notre propre recréation, physique j’entends. Mais elle est enfouie sous des tonnes d’obscurité, au fond de l’organisme, et pour l’atteindre il faut avoir libéré l’esprit des vicissitudes du moi, mais aussi libéré et transmuté toutes les forces vitales, psycho émotionnelles, psycho affectives, et avoir plongé dans les mécanismes profond du corps, de la biologie, ceux hérités de l’espèce, pour peut-être trouver la source universelle de la vie, celle qui a poussé les premières molécules à devenir vivantes, les premières cellules à s’unifier pour former un organisme et recevoir plus tard la conscience à travers l’animal, et une âme à travers l’homme. 

Si cette force se manifeste en premier lieu dans la sexualité, c’est parce que là se trouve encore les mécanismes de création originels. Quelque part, tout au fond, derrière tout ce qui conditionne le mouvement humain, cette force pousse encore et toujours la vie dans l’évolution. Et cette source est reliée et unie à toutes les sources créatrices. Ce n’est pas la kundalini, c’est encore autre chose, et c’est le plus grand mystère que l’humanité aura à découvrir pour son immortalité.

Jean-Michel Jutge